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Regions / Byblos- Jbeil

Byblos fait partie des villes les plus anciennes du monde et des rares sites habités de façon continue depuis l’époque de leur fondation jusqu'à nos jours. Les fouilles archéologiques ont permis de situer ses origines au Ve millénaire avant l’ère chrétienne.

Le terme « Byblos » n’a jamais été employé par les anciens habitants de la ville qui la désignaient du nom de « Gubla » puis de « Gebal ». Ce sont les Grecs, peu après 1200 av. J.-C., qui baptisèrent l’ancienne Gubla-Gebal du nom de « Byblos qui signifiait le « papyrus ». Puisque cette ville joua un rôle important dans le commerce de ce produit.

Byblos, « Jbeil » en arabe est aujourd’hui une ville charmante à l’intérieur de son enceinte médiévale où les sites archéologiques sont d’une grande richesse.

 

Comment y arriver ?

Située à 37 km au nord de Beyrouth, Byblos est facilement accessible avec la voie rapide qui relie Beyrouth à Tripoli. Il est également possible de prendre l’ancienne route côtière à partir de la baie de Jounieh.

Histoire

Au cours du Néolithique (il y a près de 7000 ans), des pêcheurs fondent au bord de la Méditerranée un petit village dont quelques vestiges sont encore visibles (des sols de cabanes monocellulaires recouverts d’un enduit de chaux). Ces habitants primitifs livrent une grande quantité d’outils et d’armes de silex datant.

 

Ce mode de vie se poursuit au cours du Chalcolithique (4000-3000 av. J.-C.). Cependant de nouvelles pratiques funéraires (enterrement des défunts dans de grandes jarres, accompagnés d’un modeste mobilier funéraire) apparaissent.

 

Vers 3000 av. J.-C., Byblos connaît un bel essor avec le commerce florissant du bois qu’elle exporte en Méditerranée orientale et plus particulièrement en Egypte. A cette époque, les pharaons de l’Ancien Empire recherchent le bois pour leurs constructions navales et leurs rites funéraires. En contrepartie, ils envoient à Byblos des objets en or et en albâtre, des rouleaux de papyrus et des tissus en lin. Byblos vécut une période de grande prospérité et d’intense activité commerciale.

 

Quelques siècles plus tard, la ville est envahie par les Amorites qui l’incendient. Mais une fois installés, ceux-ci reconstruisent la cité et rétablissent le commerce avec l’Egypte. Les tombes royales de Byblos - qui montrent, à travers leur riche contenu, le regain de prospérité de la ville - datent de cette époque.

 

Autour de 1200 av. J.-C., les Peuples de la Mer se répandent en Méditerranée orientale et certains groupes d’entre eux s’établissent sur la côte méridionale du Pays de Canaan. Ce sont ces nouveaux venus qui inculquent probablement leur savoir marin aux populations de ce qui sera un jour la Phénicie.

 

Entre-temps, les scribes de Byblos développent un nouveau système d’écriture, l’alphabet phonétique. L’une des plus anciennes inscriptions utilisant cet alphabet est celle qui est gravée sur le sarcophage du roi Ahiram de Byblos, aujourd’hui au Musée National de Beyrouth. Au cours des IXe et VIIIe siècles, ce système est introduit en Grèce et devient, par le biais du grec puis du latin, l’ancêtre de tous les alphabets modernes.

Au cours du Ier millénaire et malgré les harcèlements des Assyriens, Babyloniens et Perses, Byblos continue de tirer profit de son commerce. De l’époque perse (550-330 av. J.-C.), la ville conserve encore à proximité de ses murailles du bronze ancien, les restes d’une forteresse qui témoignaient de son importance stratégique et de sa place dans le système défensif perse en Méditerranée orientale. Après la conquête d’Alexandre le Grand, au cours de l’époque hellénistique (330-64 av. J.-C.), Byblos est rapidement hellénisée. La culture et la langue grecque deviennent celles de l’intelligentsia autochtone.

 

Au cours du Ier siècle avant l’ère chrétienne, les Romains, sous le commandement de Pompée, occupent la côte phénicienne. Cette occupation dure plus de quatre siècles et demi (64 av.-395 ap. J.-C.). Byblos, durant cette époque, est dotée de temples, de thermes, d’édifices publics et de tout un réseau de routes à portiques.

 

De l’époque byzantine (395-637 ap. J.-C.), il reste malheureusement peu de vestiges, à moins que les monuments qui ont embelli la ville n’aient servi de carrières au cours des époques ultérieures.

Sous la domination arabe, après 637, Byblos-Jbeil semble être une petite cité paisible dont l’importance décline jusqu’au début du XIIe siècle, époque au cours de laquelle, elle tombe aux mains des Croisés.

 

Occupée en 1104, Byblos-Giblet devient en 1109 un fief héréditaire du comté de Tripoli, administré par des seigneurs génois de la famille Embriaci. Elle est dotée d’une puissante forteresse, construite avec des matériaux souvent empruntés aux constructions antiques de la ville.

 

Après le départ des Croisés, Jbeil devient sous le contrôle des Mameloukes, puis des Ottomans une petite bourgade, presque dépeuplée. Ses vestiges antiques se recouvrent peu à peu.

Les fouilles archéologiques

Avec le temps, Byblos avait pris l’aspect d’un monticule de terre, un tell, constitué de la superposition des vestiges des différentes phases d’occupation de la ville. Ce tell, haut d’une douzaine de mètres, s’était recouvert par des habitations et des jardins. En 1860, Ernest Renan y effectue quelques prospections dont les importants résultats sont confirmés par les fouilles effectuées en 1921-1924 par l’égyptologue Pierre Montet, notamment sur le plan des relations entre Byblos et l’Egypte. Maurice Dunand reprend les travaux et poursuit, jusqu’en 1975, le dégagement de la plus grande partie du site.

 

Sites archéologiques

Une fois dans le site, commencez la visite vers la gauche soit à l’est du château des Croisés. De la Voie Romaine, on distingue quelques colonnes redressées par les archéologues et les restes de son pavement.

Situé au pied du Château franc, à gauche de l’entrée, une fontaine monumentale – le nymphée romain - était ornée de niches peuplées de sculptures et égayée par des jets d’eau. Les routes qui venaient du nord et conduisaient vers la ville débouchaient sur l’aire dallée qui s’étendait au-devant de ce monument.

La porte de la ville du IIIe millénaire apparaît comme une large baie percée à travers deux anciennes murailles de pierre. Des traces de feu y sont visibles, rappelant l’invasion amorite vers 2150-2000 av. J.-C.

A l’extrémité est du site, la forteresse perse (555-333 B.C) est située en dehors des remparts de l’Age du Bronze. On y voit aujourd’hui les fondations et les tours carrés. Cet ensemble monumental témoigne que Byblos fut un point stratégique du système défensif perse en Méditerranée orientale.

On découvre ensuite sur votre droite les vestiges du plus ancien rempart, construit avant 2500.

Les fondations du « Temple en L », ainsi appelé à cause de la forme de son plan, datent d’environ 2700 av. J.-C. Des pierres calcinées près de l’entrée de la cour sacrée, indiquent que ce temple fut incendié, probablement lors des invasions amorites. Les bassins de terre cuite encastrés dans une banquette maçonnée située derrière l’entrée, devaient contenir l’eau destinée aux ablutions rituelles. L’espace libre situé entre le Temple « en L » et le Temple de Baalat Gebal, était occupé par l’Etang Sacré

Le temple aux Obélisques était à l’origine construit au-dessus du Temple « en L », les archéologues l’ont déplacé pour mettre en évidence les structures sous-jacentes. Les nombreux petits obélisques qu’il contient devaient vraisemblablement correspondre à des ex-voto. D’ailleurs plus d’un millier d’objets votifs ont été trouvés dans ce temple, dont des figurines humaines recouvertes de feuilles d’or.

La pointe d’eau porte aujourd’hui le nom de « Ain al-Malik » ou « Source du Roi ». C’est la principale source de Byblos, jaillissant au fond d’une grande anfractuosité aux parois revêtues de pierres. Ce serait à cet endroit qu’Isis, dans sa longue quête d’Osiris, aurait rencontré les porteuses d’eau qui la conduisirent au palais du roi de Byblos.

A droite, on distingue la clôture et des maisons de l’époque préurbaine (3200-3000 av. J.-C.). Derrière, se trouve les fondations de trois maisons l’une absidiale datant du chalcolithique, l’autre sus-jacente, de l’époque proto-urbaine et la troisième, un peu plus au sud avec des chambres dont le toit devait être supporté par sept colonnes (seconde moitié  du IVe millénaire).

Le visiteur arrive devant les restes de la grande résidence du Bronze Ancien (IIIe millénaire av. J.-C., dont le toit de certaines chambres était supporté par quinze colonnes de bois dressées sur des bases en pierre.

A gauche de l’ancienne maison libanaise datant du XIXe siècle, se trouvent les fondations d’habitations du Bronze Ancien (IIIe millénaire av. J.-C.) et les fondations de maisons de l’époque de la conquête amorite (2150-2000 av. J.-C.). Autour de cette maison libanaise, on distingue les installations néolithiques et chalcolithiques (VIe-IVe millénaires), vestiges de nombreuses habitations monocellulaires au sol couvert d’un enduit de chaux ainsi que des sépultures. On reconnaît dans une maison absidiale située au nord de cette zone, ainsi que dans une autre située plus au sud, des installations cultuelles, voire des temples.

Au sud-ouest du temple de Baalat Gebal, les restes de la carrière de l’époque amorite.

Plus à l’ouest de la carrière amorite, se trouvent les restes d’un grand bâtiment de l’époque pré- amorite, dont la façade maritime montre le soin et la puissance de sa construction.

Le temple de Baalat Gebal (2700 av. J.-C.) fut construit en l’honneur de la « Dame de Byblos » à l’époque où la ville était en relation étroite avec l’Egypte. Restauré et reconstruit un bon nombre de fois, il resta en usage près de deux millénaires jusqu'à l’époque romaine où il fut remodelé selon le goût de l’époque.

Le théâtre romain (218 ap. J.-C.) dont les deux tiers manquent aujourd’hui se trouvait à l’origine entre la porte et la ville et les deux temples superposés. Il fut reconstruit à son emplacement actuel près du rivage. Les galets noirs qui ornent son orchestre remplacent de nos jours une mosaïque exposée au Musée National de Beyrouth.

Neuf puits et chambres funéraires furent creusés au cours du IIe millénaire pour recevoir les dépouilles des rois de Byblos. Bien qu’ils aient tous livré un riche mobilier funéraire, le tombeau le plus important reste sans conteste celui du roi Ahiram qui porte l’un des plus anciens textes en alphabet linéaire phénicien. Ce sarcophage constitue aujourd’hui l’une des pièces maîtresses du Musée National.

Devant les tombeaux royaux, se trouve une plate-forme jonchée de fragments architecturaux épars d’un quartier résidentiel.

Les six colonnes dressées à l’est des tombeaux sont les restes d’une rue à portiques construite vers 300 de notre ère et qui conduisait au Temple de Baalat Gebal.

Les remparts et le glacis du IIIe et du IIe millénaires montrent plusieurs états de construction et de réfection au cours de cette longue période de l’histoire de la ville. Le mur à redents appartient aux fortifications du IIIe millénaire, tandis que le glacis en gros blocs remonte à l’époque Hyksos.

L’emplacement du château croisé était occupé par une fortification plus ancienne datant de l’époque fatimide. Au début du XIIe siècle, les Croisés y construisent une puissante forteresse composée d’un puissant donjon central, d’une cour et d’une enceinte cantonnée de quatre tours d’angle et d’une cinquième tour construite au milieu du mur nord, destinée à mieux assurer la défense de l’entrée. L’ensemble était entouré d’un fossé. Pour sa construction, les Croisés utilisèrent des matériaux arrachés aux monuments plus anciens. Au cours des époques mameloukes puis ottomanes, certaines parties du château furent restaurées.

 

Ouvert tous les jours de 8h au coucher du soleil.

Entrée payante

Dans la vieille ville, il est possible de visiter

Le rempart médiéval qui délimite la vieille ville, fut élevé par les Croisés au début du XIIe siècle et consolidé à espaces égales par des tours. Il s’étend sur 270 mètres de l’est à l’ouest et sur 200 mètres du nord au sud.

 

La cathédrale de St Jean Marc - dédiée à l’origine à St Jean Baptiste - a été construite en plusieurs phases entre le XIIe et le XIIIe siècle. Toutes les études laissent supposer que sa construction débuta en 1115. Des structures additionnelles furent ajoutées ultérieurement telles que la coupole hémisphérique du baptistère extérieur adossé au côté nord de l’église. Au XVIIIe siècle, l’église fut remise par l’émir Youssef Chehab aux moines Maronites qui l’ont restaurée. Elle fut de nouveau restaurée après son bombardement par la flotte britannique en 1840. Le clocher est une addition récente de 1947.

 

Les Croisés avaient pourvu le port de Byblos de deux tours défensives qui protégeaient le goulet d’entrée. Elles servaient à boucher l’accès à l’aide de chaînes qui les reliaient. Le port de la ville est aujourd’hui, un endroit charmant avec ses bateaux de pêche et ses restaurants.

 

La mosquée du Sultan Abed el-Majid fut édifiée en 1648 dans le quartier historique et rénovée par l’émir Youssef Chehab en 1783. Elle est pourvue d’une coupole hémisphérique et d’un minaret octogonal.

 

L’église Sayedet el-Naja (Notre Dame de la Délivrance) fut construite durant le XIIe et XIIIe siècle sur les vestiges d’une église Byzantine. Elle se remarque par ses puissants contreforts.

 

Situé au cœur des souks à côté du site archéologique, le musée des fossiles renferme une importante collection de poissons et autres faunes et flores en provenance des gisements de Haqel Hjoula et Nammoura dans la région de Byblos. Ils sont âgés de plusieurs millions d’années. Ouvert tous les jours sauf le lundi de 9h à 13h puis de 15h à 18h. Entrée libre.

Autour de Byblos

Afqa

Le site d’Afqa est dominé par une gigantesque grotte située sur le flanc d’une falaise de près de 200 mètres d’où jaillit le Nahr Ibrahim, fleuve sacré d’Adonis. En forme de triangle pointé vers le bas, cette cavité n’a pas manqué de susciter l’imagination des anciens qui y ont vu un symbole de Vénus, hypostase de l’Astarté phénicienne, donnant naissance au jeune dieu.

En face de la grotte gisent les murs écroulés du temple de Vénus au plan méconnaissable. Une portion de la canalisation d’eau subsiste toujours dans les fondations du temple. Détruit par Constantin le Grand (285-337), le temple fut reconstruit sous Julien dit l’Apostat (360-363). Le culte de la fécondité y persista bien plus longtemps qu’ailleurs et le temple ne fut abandonné qu’au Ve siècle. Un figuier rabougri y pousse et attire encore de nos jours des pèlerins qui viennent y puiser de l’eau sacrée, déposer sur les branches de l’arbre des chiffons et vêtements ou allumer des cierges, en vœu ou en reconnaissance de fécondité. Les chrétiens y vénèrent la Vierge et les musulmans chiites Fatima az-Zahra.

 

Machnaqa

Le site se compose d’une vaste enceinte rectangulaire déterminant l’enclos sacré, le Téménos ou Haram au milieu duquel se dressent les ruines d’une structure cubique entourée de quatre colonnes. Celle-ci renferme les bases de deux autels, aménagés et réorientés en fonction d’impératifs religieux et rituels propres à l’époque. L’édifice n’avait pas de porte. Des restes de colonnes, chapiteaux et autres éléments architecturaux sont éparpillés autour de cette structure.

Les rochers qui surplombent le site sont creusés de cuves funéraires surmontées le plus souvent de scènes sculptées très abimées ayant un rapport avec des rites funéraires ou des exploits cynégétiques du défunt.

 

Yanouh

Le village de Yanouh conserve les ruines d’un temple romain, transformé au cours du moyen âge en église et auquel la tradition locale donne le nom de Mar Girgis al-Azrak (Saint Georges le bleu). Le temple de Yanouh est un petit édifice tétrastyle corinthien doté de portes latérales. Le mur du fond contient la niche qui abritait la statue du Dieu.

Le temple est entouré de ruines d’habitations et d’une église médiévale. Il semblerait que ces installations doivent correspondre aux restes du patriarche maronite qui y était installé au cours du XIIIe siècle.

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