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Dominée par une citadelle croisée et ouverte sur son port, Saida (également appelé Sidon) est un centre administratif et commercial très actif

La vieille ville avec ses petites ruelles et ses souks garde toujours son charme médiéval. Son histoire ancienne demeure encore un mystère, non seulement par manque de fouilles archéologiques systématiques, mais aussi parce que son patrimoine a été en partie pillé et dispersé par les chercheurs et les amateurs d'objets d'art du XIXe, voire du début du XXe siècle. De nombreux chefs-d'œuvre d'origine sidonienne font aujourd'hui partie des collections de musées étrangers.

 

Comment y arriver ?

Par la nouvelle voie rapide, l’accès à Saida, en provenance de Beyrouth (à 48 km), est simple. Une fois arrivé au niveau du grand stade au nord de la ville, prendre la direction du centre-ville. 

Histoire de Saida

L'ancienne ville de Saida s'élevait sur un promontoire qui faisait face à une île qui fut assez tôt reliée à la côte créant deux ports, l'un au Sud ("Port Égyptien") et l'autre au Nord qui continue d'être utilisé de nos jours. Les plus anciennes traces d'occupation du site remontent à l'époque chalcolithique, au 4e millénaire av. J.-C. Elles ont été trouvées sur le site de Qal'at al-Mu'izz (Château de Terre, dit "Château Saint-Louis") ainsi que dans la ville voisine de Dakermâne, à 1 km au Sud de Saida.

 

A partir du XIVe siècle av. J.-C., Saida commence à être mentionnée dans les textes les "Lettres d'El-Amarna". Quelques siècles plus tard, et bien qu'obligée de payer tribut aux Assyriens, elle entretient une activité commerciale intense avec l'Egypte et bientôt avec l'Egée. Ses richesses, son commerce et sa place prépondérante parmi les villes de Phénicie sont si grands que le nom de "Sidoniens" est appliqué par les Grecs à tous les Phéniciens. Son rôle sera aussi particulièrement important à l'époque perse (550-330 av. J.-C.), époque au cours de laquelle Saida fournissait à l'Empire perse les bateaux et les marins dont il avait besoin dans sa lutte contre les Grecs et les Egyptiens, pour asseoir son hégémonie en Méditerranée orientale. En récompense, les Perses dotèrent la ville de constructions et y firent aménager un jardin royal. Ce fut aussi l'époque où les rois de Saida entreprirent la construction du grand temple d'Echmoun, dieu de la cité, à 3 km au nord-est de la ville.

 

Comme Tyr, sa voisine du sud, Saida eut une industrie du verre dynamique et une solide réputation pour l'extraction de la pourpre à partir de coquillages récoltés sur ses côtes. La petite colline de murex, qui s'élève au pied du tell, ou tertre artificiel sur lequel se dresse le Château de Terre, au Sud de la ville, continue de nos jours d'attester de l'importance de cette industrie de luxe qui fit la gloire des Sidoniens.

 

Mais cette prospérité lui attira des ennuis. En 351 av. J.-C., Saida s'étant révoltée, fut durement réprimée par Artaxerxès III, et 40 000 de ses citoyens périrent dans un gigantesque incendie. La ville sortit très affaiblie de cette épreuve et en 333 av. J.-C., elle ouvrit ses portes et n'opposa aucune résistance aux armées d'Alexandre le Grand.

Au cours des époques hellénistiques et romaines, Sidon (la Sainte Ville de Phénicie) bénéficiait d'une réélle liberté et battait sa propre monnaie, avant de devenir colonie romaine au début du IIIe siècle ap. J.C.

 

Saida prospéra et fut dotée de monuments importants dont il ne subsiste que quelques vestiges. En 551 de notre ère, elle subit, comme toutes les autres villes de la côte, les effets du grand séisme, mais sembla avoir été moins touchée que Beyrouth pour pouvoir accueillir la célèbre Ecole de Droit.

 

Après la conquête musulmane en 636, Saida est restée une petite ville prospère, mais ce n'est qu'au cours de l'époque des Croisades, entre 1110 et 1291, qu'elle acquiert un nouveau prestige en devenant une baronnie du Royaume Franc de Jérusalem.

Occupée par les Mameloukes, puis par les Ottomans au début du XVIe siècle, la ville fut réaménagée et reprit de l'importance au XVIIe sous l'impulsion de Fakhr ed-Dîne II, Emir du Liban (1572-1635) qui en fit sa capitale en 1594. Les murailles de la ville ont été restaurées, un palais, des bains publics et des khans furent construits, les activités commerciales furent encouragées. Saida devint ainsi une importante place marchande entre l'Europe et la Syrie.

 

Les fouilles archéologiques

Le XIXe siècle fut pour Sidon une époque de grandes découvertes. En 1855, à Magharat Abloun, au Sud-Est de la ville, fut découvert le sarcophage du roi Echmounazar, aujourd'hui au Louvre à Paris. Quelques années plus tard, en 1860-1861, Ernest Renan effectua les premières fouilles scientifiques et des prospections dans la ville et ses environs immédiats. En 1887, le directeur du Musée Impérial d'Istanbul, Hamdi Bey, fouillait la nécropole royale et découvrait le sarcophage du roi Tàbnit et quatre autres sarcophages célèbres en marbre, aujourd'hui au Musée d'Istanbul. En 1900-1904, les premiers sondages sont effectués sur le site d'Echmoun où plusieurs inscriptions phéniciennes sont dévoilées. Entre 1914 et 1939, plusieurs archéologues français, dont Georges Contenau et Maurice Dunand, entreprirent de nombreuses fouilles à Saida et dans ses environs. Au lendemain de l'Indépendance, la Direction Générale des Antiquités poursuivit la mission de découvrir le passé de Sidon.

Une Visite à Saida

La visite de la vieille ville peut commencer par le Château de la Mer, une forteresse construite par les Croisés au cours du XIIIe siècle sur un îlot relié au rivage par un étroit pont de 80 mètres. Seule la pile nord, la plus proche du château, est originale; les deux autres piles à becs, détruites par une tempête en 1936, sont modernes, de même que la partie du pont proche du rivage. Ses bâtisseurs ont réutilisé des matériaux arrachés à des monuments antiques romains de la ville. Des colonnes romaines sont visibles dans les murs. Le château fut réalisé en plusieurs étapes entre 1227 et 1291, date de la prise de Saida par les Mameloukes aux mains des Ayyoubides. Son état actuel présente d'importantes réfections de l'époque mamelouke, particulièrement sur la tour ouest. La petite mosquée attenant à la chapelle croisée date de l'époque ottomane, et doit être postérieure à 1840, date du bombardement du château par la marine britannique.

Ouvert tous les jours de 9h à 18h (9h à 16h en hiver) – Entrée payante

 

Entre le château de la Mer et le château de Terre, dit "château Saint-Louis", les anciens souks conservent un réel charme architectural et commercial. Animés, ils sont également contrastés en fonction de l’état des rénovations. Une multitude de petites boutiques et d’artisans y sont encore présents. Ne pas hésitez à se perdre dans ce dédale de 14 kilomètres de petites ruelles ombragées.

 

A l’entrée du souk Chakrieh, ne pas rater le palais Debbané. Un escalier étroit et voûté vous conduit directement dans la cour intérieure d’une ancienne résidence. Bâtie en 1721 par la famille Hammoud, le palais fut racheté par les familles Debbané et Sassi en 1800. Classé monument historique par la direction générale des antiquités libanaises depuis 1968, ce bâtiment a gardé toutes les caractéristiques de l’architecture arabo-ottomane : salle de réception (qaat), pièce d’été (iwan), pièce centrale (atabah), fontaine et chambres (diwan). L’influence mamelouke est présente dans la décoration: linteaux de fenêtres incrustés d’étoiles et de fleurs, plafonds en cèdre sculptés et peints, fenêtres à moucharabiyé de bois, garde-fou en fer forgé. L’influence occidentale est par contre visible aux étages supérieurs qui ont été ajoutés au début du XXe siècle. Au troisième étage, une pièce très aérée nommée tayara domine la vieille ville.

Ouvert tous les jours sauf le vendredi de 9h à 18h. Tel : 07 720110 - Entrée libre

www.museumsaida.org

 

En sortant du palais à droite, la cathédrale de Saint Nicolas remonte au VIIIe siècle, mais la structure actuelle date de 1690. En 1819, l’église fut divisée en deux parties par un mur (celle des catholiques est fermée). A l’entrée de l’archevêché se trouve la chambre où séjourna Saint Paul et où, d’après la Tradition, les Saints Paul et Pierre se sont réunis.

 

En continuant votre chemin rue Moutran ou souk Chakrieh vers le sud, vous ne manquerez pas la maison Audi et son musée du savon. Ce bâtiment comprend trois entités architecturales distinctes : une savonnerie à voûtes de pierres qui a fonctionné jusqu’en 1980, une maison familiale du début XXe siècle construite sur la savonnerie et divers logements greffés à l’ensemble. Selon les historiens, la partie la plus ancienne daterait du XIIIe siècle. En 1998, la Fondation Audi a décidé d’aménager la savonnerie familiale en musée ethnographique ultra moderne illustrant les différentes étapes de la fabrication du savon traditionnel à base d’huile d’olive. Le résultat est remarquable.

Ouvert tous les jours sauf le vendredi de 9h à 18h. Tel : 07 733353 – 07 753599 – Entrée libre

www.fondationaudi.org

 

A droite du château de la mer, vous remarquerez le Khan el-Franj, ou le Caravansérail des étrangers, l'un des nombreux établissements hôteliers construits par Fakhr ed-Dîne II au début du XVIIe siècle. Les salles servaient d’entrepôts pour les marchandises, d’écuries et à l’étage, de chambres pour les commerçants. Avec sa cour intérieure rectangulaire, son bassin, ses galeries voûtées et ses chambres d'accueil, il fut le centre de l'activité commerciale de Saïda jusqu'au XIXe siècle. Successivement résidence du Consul de France à Saida, des pères Franciscains, puis orphelinat de jeunes filles sous la direction des Soeurs de Saint-Joseph de l'Apparition, il est aujourd'hui restauré et des salles d’expositions.

 

Derrière le souk el-Franj, à proximité du sérail, la mosquée Bâb el Serail est l’une des plus anciennes mosquées de la ville. Elle fut construite aux temps des croisés en 1201 par le Cheikh Abou el-Yaman. Sa salle de prière est dotée d'une grande coupole alors que ses voûtes sont portées par des arcs imposants. Son minaret s'élève à 20 m.

A l’opposé de la place Bab el-Seray, la mosquée Nakhleh est une ancienne Zawiya de soufis convertie en mosquée. Son court minaret est conçu selon le style architectural marocain.

 

En continuant vers le sud, vous passerez devant la mosquée Kikhia, un prototype de l'architecture musulmane de l'époque Ottomane. Elle fut construite en 1624 par Moustafa Al-Katakhad et se caractérise par ses six coupoles, ses "mouquarnas" ornementés, son Minbar en marbre coloré de blanc et bleu et ses quatre colonnes décorées avec des motifs géométriques. Une fontaine se dresse au milieu de la cour d’où on voit les salles de Derviches qui ont servi plus tard de logement à certains étudiants du Coran.

 

Face à la mosquée Kikhia, le hammam el Cheikh, mentionné au XVIIe siècle par le voyageur Abd el Ghani el Naboulsi. Les belles baignoires et le pavement en dalles rouge vif lui accordent un cachet spécial.

 

Située au bord de la mer, au Sud-Ouest des Souks, la Grande Mosquée est un grand édifice rectangulaire de quatre travées, muni de puissants contreforts qui fut à l’origine une salle de l'hôpital Saint-Jean des hospitaliers construite au XIIIe siècle. Son état actuel résulte d'une combinaison de structures médiévales et de restaurations de 1820, date à laquelle la mosquée fut partiellement détruite par une tempête. Le vestibule nord qui abrite la fontaine aux ablutions montre le réemploi de matériaux antiques. Détériorée par le temps et la guerre, elle fut restaurée entre 1983 et 1986 et acquit en 1989 le prestigieux prix Agha Khan d’architecture.

 

Situé à côté de la grande mosquée, le hammam el Ward a été construit en 1730 par la famille Hammoud selon un mélange de style oriental et italien, il est finement décoré.

Au sud des souks, l’église de Saint Elie est l’une des plus anciennes églises à Saida. Ce fut d’abord une savonnerie, transformée en 1616 en église.

 

A l’extrême sud de la vieille ville, le château, qu'on appelle encore "château Saint Louis", semble avoir été construit par le roi de France, Louis IX, qui mena une grande campagne de restauration et de réfection des ouvrages militaires des Croisés, au cours de la septième Croisade qu'il dirigea de 1248 à 1254. Le roi en avait fait son quartier général lorsqu’il conquit la ville des Ayyoubides en 1297. Cette forteresse qui occupe le sommet de l'ancien tell de Saida dominant la vieille ville, avait été élevée à l'emplacement d'une ancienne fortification fatimide construite au Xe siècle par AI-Mu'izz, dont elle conserve encore le nom "Qal'at al-Mu'izz". Le château, très délabré aujourd’hui, conserve quelques restes de l'ouvrage franc, du fait des nombreuses restaurations qui sont sans doute l'œuvre de l'Emir Fakhr ed-Dîne II, au XVIIe siècle. Le plan de l'enceinte forme un arc de cercle avec, au milieu de l'arc, le donjon. Au pied du tertre gisent des fûts de colonnes romaines. L’accès y est interdit actuellement.

 

Au sud du Château de Terre, la colline de murex est un monticule artificiel d'une centaine de mètres de long et d'une cinquantaine de mètres de haut, formé des débris des coquillages de murex dont on se servait à l'époque phénicienne pour l'extraction de la pourpre. Quelques fragments de mosaïques découverts au sommet de cette colline, semblent attester son occupation par des constructions au cours de l'époque romaine. Elle est aujourd'hui envahie par des constructions modernes aussi bien que par un cimetière.

 

Les principales nécropoles de Saida se trouvaient au-delà des limites de la cité antique et ont continué d'être en usage jusqu'à l'époque romaine tardive. Les trois plus importantes sont la nécropole de Magharat Abloun, d'où provient le sarcophage du roi Echmounazar II (Iere moitié du Ve siècle) aujourd'hui au Louvre, la nécropole de Ayyâ'a, au-dessous du village de Hilâliyyé, d'où proviennent les sarcophages dits d'Alexandre, du Lycien, du Satrape et des Pleureuses, aujourd'hui au Musée d'Istanbul, et la nécropole de 'Ain el-Helweh au sud-est de Saida, d'où provient la prestigieuse collection de sarcophages anthropoïdes, aujourd'hui au Musée National de Beyrouth.

 

Au sud de Saïda, la ville et le cimetière de Dakermâne ont livré un bon nombre de sarcophages, d'objets, d'inscriptions et de sculptures antiques, de même qu'une installation de l'époque chalcolithique (IVe millénaire av. J.-C.) avec des huttes ovales construites en torchis. 

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