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Regions / La Béqaa Sud

La partie sud de la Beqaa est riche de contrastes avec ses vignobles à Kefraya, ses marécages à Ammiq, son lac artificiel de Qaraoun, sa cité Omeyyade d’Anjar et ses vestiges romains.



Anjar

Anjar est une excellente illustration de ce que pouvait être un grand centre commercial au cours de l’histoire. Situé au pied de l’Anti-Liban, à proximité de l’une des principales sources du Litani, le site occupe une place privilégiée sur la carte routière de la Beqaa antique et médiévale.

Au croisement des routes qui mènent de Homs à Tibériade et de Beyrouth à Damas, Anjar doit sa fortune à la présence d’une abondante source, une « Ayn », qui jaillit au pied de l’Anti-Liban. En effet, le nom Anjar proviendrait d’Aїn Gerrha, signifiant « la source de Gerrha », une cité antique fondée par les Arabes Ituréens durant l’époque hellénistique.

Anjar diffère des autres sites archéologiques du Liban comme Tyr, Saida, Beyrouth, Byblos, Tripoli et Baalbek qui témoignent d’une extraordinaire superposition de cultures et d’époques et qui peuvent parfois se prévaloir d’une histoire ininterrompue. Anjar semble n’avoir été qu’un établissement éphémère qui n’a vécu que quelques décennies, au début du VIIIe siècle.

Avec la mosquée de Baalbeck qui date sensiblement de la même période, Anjar est le seul site libanais datant de l’époque omeyyade, l’une des plus prestigieuses de l’histoire arabe.

 

Comment y arriver ?

De Beyrouth, prendre la direction de Damas, après avoir traversé le col de Dahr el-Baidar, descendez dans la plaine de la Beqaa et traversez la ville de Chtaura. Avant d’arriver au poste frontière de Masnaa, un panneau indique le site d’Anjar sur votre gauche. Une fois à l’entrée du village, les ruines se trouvent sur votre gauche.

 

Histoire

La dynastie des Omeyyades, première dynastie héréditaire de l’islam, régna de 660 à 750 de l’ère chrétienne. Sous l’impulsion de ses grands califes, les frontières de l’empire islamique s’étaient étendues de la vallée de l’Indus (à l’est) au sud de la France (à l’ouest).

Bien qu’ils aient à gouverner un empire aux cultures et aux traditions aussi multiples que diverses, les califes omeyyades demeurèrent étroitement liés aux tribus bédouines qui leur assuraient la mainmise sur ces vastes territoires. Ainsi, ils n’hésitaient pas à quitter leur capitale, Damas, au printemps, pour aller en bordure du désert de Syrie, s’adonner avec ces tribus à la chasse et à écouter leurs poètes ou leurs conteurs.

Progressivement, les califes commencèrent à s’habituer à séjourner à l’orée du désert dans des résidences fixes qui étaient à la fois des pavillons de chasse et de villégiature mais aussi des forteresses, des centres d’exploitation agricole, de rayonnement et de diffusion d’un mode de vie urbain susceptible d’attirer les bédouins vers la sédentarisation. Anjar fut fondée dans le cadre de cette politique.

Anjar fut construite par le calife al-Walîd I ibn « Abd al-Malik » (705-715), à environ 1 km au sud-ouest de « Ayn Gerrha ». Pour réaliser son projet, le calife eut recours à des architectes, des artisans et des décorateurs byzantins ou syriens imbus de traditions antiques. Les pierres nécessaires à la construction furent extraites des carrières voisines et de nombreux éléments comme les colonnes et les chapiteaux furent arrachés à des édifices romains ou byzantins trouvés dans les environs du site vraisemblablement à l’emplacement de l’antique Gerrha-Chalcis.

En 744, le site fut détruit par Marwan II après sa victoire sur Ibrahim, fils d’Al –Walid, dans une bataille pour le pouvoir qui eut lieu à proximité du site. La ville abandonnée commença à péricliter de façon inexorable jusqu'au XIVe siècle où elle n’était plus qu’un champ de ruines au milieu de grandes étendues de marécages. Au lendemain de l’indépendance du Liban, lorsque le Département des Antiquités entreprit de l’explorer, Anjar était dans un état de désolation.

Bien que fouillé et partiellement restauré depuis le début des années cinquante, le site de Anjar est toujours sujet à de nombreuses interrogations, particulièrement sur sa relation avec l’antique Gerhha-Chalcis. Toujours est-il que la ville ne parait pas avoir été totalement achevée : c’est du reste ce que semble prouver les structures qui constituent les fondements du troisième palais ainsi que les grands espaces vides à l’est du Grand Palais et dans la partie nord du site. A moins de considérer que ces espaces ont constitué un immense espace vert à l’intérieur de la ville. Les bâtisseurs étaient des Nestoriens venus de la région el Jezzira en Syrie située entre le fleuve de l’Euphrate et la rivière al Khabour.


Rectangulaire, le site est entouré d’un mur d’enceinte de 370 m de long sur 310 m de large cantonnée de 36 tours semi-circulaires disposées contre la paroi extérieure et de quatre tours circulaires aux angles. L’enceinte, haute d’un peu plus de sept mètres et épaisse de deux, est construite de pierres calcaires formant les parements intérieurs et extérieurs, comblés d’un remplissage de pierres brutes, de cailloux et de mortier.

La face extérieure de ses murs est parsemée de près de 60 graffitis datant de l’époque omeyyade. L’un d’entre eux est daté de 123 de l’hégire, soit de 741 de l’ère chrétienne.

Les bâtiments qui s’élèvent à l’intérieur de la ville, ont été construits selon un usage répandu à l’époque byzantine qui consiste à faire alterner des assises de pierres avec des assises de briques. Ce mode de construction, léger rapide et économique, dérive d’une vieille technique de construction destinée à donner à l’édifice la souplesse nécessaire pour affronter les tremblements de terre.

Orientés vers les quatre points cardinaux, les murs de l’enceinte sont percés de quatre portes bordées chacune de deux demi-tours.

 

Le Cardo Maximus orientée nord-sud et le Decumanus Maximus est-ouest partent des portes et divisent l’espace intérieur en quatre parties. L’axe des deux voies recèle un ingénieux réseau d’égouts qui draine les eaux usagées hors des murs de la ville. Ces voies sont bordées de 600 boutiques s’ouvrant sous des portiques jadis couverts d’une toiture pour les piétons.

 

Les deux voies se rejoignent à angle droit au milieu du site sous un gigantesque tétrapyle dont les éléments ont été empruntés à un édifice antique. Sur la base d’une des quatre colonnes se trouve une inscription en quatre lignes.

Les habitations du quartier sud-ouest sont reparties en plusieurs blocs séparés par des ruelles qui se coupent à angle droit. Chaque bloc est constitué de deux, quatre ou six maisons qui adoptent sensiblement le même plan : une cour à ciel ouvert autour de laquelle sont disposées les pièces.

 

A quelques mètres à gauche après le tétrapyle, le grand palais est l’un des éléments le plus impressionnant du site. Il comporte quatre bâtiments disposés autour d’une cour intérieure bordée d’un portique jadis couvert. Il semblerait qu’une vasque d’eau se trouvait au milieu du site. A droite de l’entrée de la cour, se trouve en relief deux cavaliers sur leurs chevaux, et sur une colonne dressée sur le cote nord-ouest de la cour, on peut lire une inscription byzantine surmontée d’une grande croix pattée : « bornes d’asiles, données à la maison de prière de notre dame la très sainte et illustre mère de dieu marie éternellement vierge, par nos empereurs pleins de piété et d’amour pour le Christ ». Deux salles absidiales sont situées au nord et au sud de la cour où une inscription grecque est encore visible.

 

Attenant au grand palais, la mosquée est de dimensions moyennes : 10 m de profondeur sur 20 m de largeur. Le côté sud qui longe le grand palais, comprend une abside, le mihrâb, qui indique la direction de la Mecque. La mosquée se compose d’une cour à ciel ouvert contenant un puits destiné à alimenter un bassin d’ablutions et d’une salle de prière à deux travées. L’entrée principale de l’édifice est située au milieu du mur nord de la cour et donne sur la grande voie est-ouest, tandis qu’une entrée secondaire donne sur le souk situé à la croisée des deux voies.

Le petit palais dit du harem est une construction à cour centrale bordée d’un portique à piliers jadis couvert d’une toiture avec peut être une vasque d’eau au milieu.

A gauche de l’entrée principale se situe le hammam, une installation de bains publics dont la disposition rappelle le plan des thermes romains ou byzantins. Le bâtiment s’ouvre vers l’ouest, derrière les portiques de la grande voie nord-sud et se compose d’une salle d’attente ou vestiaire (apodytarium) dont le toit était constitué d’une coupole reposant sur quatre piliers, suivie d’une salle froide, d’une salle tiède et enfin d’une salle chaude (frigidarium, tepidarium et caldarium) construite sur des hypocaustes. Les vestiges d’un petit hammam se trouvent également dans le quartier nord-ouest soit à droite de l’entrée principale le long des remparts.

 

Ouvert tous les jours de 8h à 19h (17h en hiver)

Entrée payante



Autour d'Anjar

La région qui s’étend d’Anjar à Rachaya compte plusieurs ruines de temples romains dont l’état de préservation est très souvent très dégradé.

Au sommet de la colline du village de Mejdel al-Anjar, vous apercevrez les ruines d’un temple dont les murs de la cella très abimées sont encore conservés. Autour du site, sont éparpillés de multiples fragments et blocs de colonnes, de chapiteaux et d’entablures. Au VIIe et VIIIe siècle, le site fut transformé en forteresse.

Le petit temple de Dekweh est encore bien conservé avec les murs de la cella et ses colonnes.

Le temple de Manara se situe sur les pentes d’une colline. Connu sous le nom de Qasr al-Wali ou Ayn Kenya, ce site romain a été probablement transformé en une basilique. Cette structure carrée consistait en un autel entouré de 16 colonnes, l’ensemble était entouré d’un mur d’enceinte.

Le village de Yanta garde également quelques vestiges d’un temple.

Le temple de Deir el-Ashayer conserve encore des sculptures. Si les escaliers et la majeure partie du porche ont disparu, plusieurs parties de l’enceinte sont encore visibles. Cet énorme temple est entouré de gigantesques colonnes surplombant la vallée connue sous le nom de « Wadi el-Karn » située entre la Syrie et le Liban. Certains affirment que le temple donnait, de par le passé, sur un petit lac qui s’est tari et s’est transformé en une plaine fertile.

Le village de Kfar Qouk compte deux ruines de temples, l’un est mieux préservé que l’autre et comprend plusieurs bassins en pierre. 

Kamed el-Loz

Les archéologues ont découvert au centre du village l’un des tells les plus importants de la Beqaa, c’est-à-dire un monticule artificiel formé par une superposition de couches d’habitat anciens qui s’échelonnent du néolithique à l’époque perse (Ve et IVe siècle av. J.-C.).

Les fouilles ont permis de dégager de nombreuses structures urbaines telles que des systèmes de défenses, des temples, des palais, des habitations, des ateliers et des cimetières. Le tell correspondrait à l’emplacement de Kumidi, une cité mentionnée au XIVe siècle av. J.-C. dans les Lettres d’el-Amarna et qui semble avoir été à l’époque le chef-lieu d’une colonie égyptienne dans la région.

A l’entrée est du village, vous distinguerez une carrière datant du VIIIe siècle. Les tailleurs de pierre qui ont travaillé pour la construction du site d’Anjar y ont façonné un paysage particulier. 



Rashaya Al Wadi

Au pied du mont Hermon ou Jabal el-Cheikh, Rachaya el-Wadi a conservé son style architectural traditionnel. Sa forteresse construite par les Emirs Chéhab fut transformée en prison par les autorités françaises pendant le mandat.

 

Comment y arriver ?

Empruntez la route de Damas, avant le poste frontière de Masnaa, prendre à droite vers le sud de la plaine de la Beqaa. Rachaya al-Wadi est à 27 km de cette bifurcation.

 

Histoire

En raison de l’emplacement géographique du mont Hermon, situé entre le désert syrien et la mer méditerranée (50 km de distance séparent la mer du mont), Rachaya fut colonisée tour à tour par les Romains (traces de sarcophages romains dans la région de «El Faqueaa »), suivis des croisés (tour des croisés de la citadelle de Rachaya) et de leurs successeurs dont notamment les émirs Chéhab qui régnèrent sur « Wadi el-Taym » (vallée précédemment connue sous le nom de « la vallée du fleuve Jourdain »). Les Chéhab installés à Rachaya vers 1183, en firent leur fief sous le règne des Croisés et des Mamelouks. L’émir Béchir Chéhab I, originaire de Rachaya prit le pouvoir à la mort de son oncle maternel l’émir Ahmad Maan qui n’avait pas laissé derrière lui d’héritier mâle. « Wadi el-Taym » acquit également une grande importance sous le règne de l’émir Fakhreddine II, qui en fit l’un de ses fiefs. Sous Béchir II, les habitants de cette vallée refusèrent l’accès des troupes égyptiennes à leur localité et leur firent encourir de lourdes pertes. Durant les deux Caimacamats et la Moutasarrifia, la région fut, dans sa majorité, annexée à Damas pour ne refaire partie de la Montagne qu’après 1920 sous le mandat français et à la suite de la grande révolution syrienne de 1925.

 

Rachaya el-Wadi est connue pour sa citadelle historique : « la citadelle de l’indépendance » appelée aussi « le fort du 22 Novembre ». Cette citadelle fut construite au XIe siècle par les croisés afin de protéger les convois de commerçants faisant le trajet Palestine – Syrie et de se doter d’un point d’observation pour surveiller les convois de pèlerins et de voyageurs en provenance de Damas, lors de leur traversée de la vallée « Wadi el-Taym » pour se rendre à Jérusalem en Palestine.

 

Juchée au sommet de trois versants, la citadelle de Rachaya est à 1 400 m d’altitude et s’étend sur une superficie de 8 000 m2. Son entrée donne sur le mont Hermon. Par ses  murs épais et ses nombreuses caves et galeries, elle ressemble à la citadelle de Chkif. Quant à ses voûtes et arcades, elles ressemblent à celles du palais de Beiteddine.

 

La citadelle comprend un édifice et des ruines romaines dont une galerie souterraine de 1 500 m de longueur, reliant la citadelle à la localité deAin Mry près du triangle Aqba– Bkifa. La galerie était utilisée par les combattants de l’époque et permettait d’assurer le ravitaillement en vivres durant les périodes de blocus.

 

C’est ici qu’en novembre 1943 furent emprisonnés par les autorités du Mandat français le président Bechara el-Khoury, le premier ministre Riad Solh et des membres du gouvernement libanais qui voulaient l’indépendance du Liban. La visite de la citadelle vous permettra de voir les salles où ses hommes politiques ont été retenus.

 

La plus ancienne des églises de Rachaya est celle de Mar Moussa El Habashi. Cette église syriaque-catholique remonte au XVIIe siècle, date de l’arrivée des Syriaques au Liban en provenance notamment de la Syrie, de l’Iraq, de l’Anatolie, de la Cilicie et d’Urfa. Elle se distingue par son style architectural et sa forme qui ressemble à celle d’un navire. Du point de vue forme et style, elle est la copie conforme de l’église historique « Kalaat Jendel » en Syrie. On y trouve l’icône de son saint-patron « Moussa el Habashi » (Moïse d’Ethiopie), icône rare datant de plus de 500 ans.

 

Le style architectural traditionnel de Rachaya el-Wadi se reflète dans ses anciennes demeures de pierre aux toits en briques rouges. La ville a gardé tout son cachet. Elle comprend aujourd’hui plus de 300 demeures typiques aux toits en briques rouges, dotées pour la plupart de mansardes surnommées « avions ». Des arcades de pierre décorent leurs façades. Les entrées de ces demeures se caractérisent par leur forme en arcade semi-circulaire; l’arcade est entourée en général de deux cercles situés à droite et à gauche de la porte principale qui, elle-même, est entourée de deux fenêtres. Les balcons sont, quant à eux, soutenus par des piliers de fer ou en pierre. Ils sont décorés par des balustrades de fer. Travaillées, ces balustrades ont souvent la forme de flèches couronnées chacune par une fleur de lotus. L’intérieur de ces demeures comprend de quatre à huit chambres donnant toutes sur un grand salon surnommé « El iwan ». Ces maisons, qui sont souvent entourées de jardins, se distinguent par leur hauteur qui dépasse parfois les 4 mètres.

 

Artisanat

L’orfèvrerie locale a une très bonne réputation. L’art de travailler l’argent remonte au XVIIe siècle sous le règne des émirs Chéhab. Les réalisations variées: boucles d’oreilles, parures, bagues, ceintures et pendentifs, furent commercialisées à « Jabal el Arab » et « Alep » (Syrie). Par exemple, les églises de la côte syrienne regorgent de croix et d’œuvres artisanales témoignant de la dextérité des artisans de Rachaya. Aujourd’hui, le marché de la ville comprend encore quelques ateliers.

Rachaya est également connue pour sa production de poêles à bois ou mazout (appelés « Sobia » en libanais). 


Autour de Rashaya Al wadi

L’un des temples les mieux conservés de la région se trouve dans le village d’Ain Harcha. Ce temple romain est quasi-intact, seul le plafond n’a pas résisté aux aléas du temps. Il ressemble par son style architectural aux temples de Baalbek. Ce temple date de 113 ou 114 avant J.C. Ses murs regorgent de gravures dont certaines représentent la déesse de la lune « Celan » et le dieu du soleil « Hélios ».

Le sanctuaire druze « Maqam el-Cheikh el-Fadel » à Ain Ata est un lieu saint érigé près d’un ancien site archéologique. A l’entrée, des gravures et des inscriptions romaines ainsi qu’une sculpture représentant un aigle prêt à prendre son envol sont visibles.

Les ruines de la citadelle romaine d’Aiha surplombent la plaine. On aperçoit des sculptures ainsi que des inscriptions gravées dans la pierre datant de la période avant Jésus-Christ. Des tambours de colonnes, des blocs moulurés et d’autres pierres antiques ont été utilisés pour la construction des maisons du village.


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