Le Tourisme Réligieux
Le Patrimoine Religieux Musulman
Le Patrimoine Religieux Musulman

Depuis que l'Islam s'est répandu au Liban sous le règne des deux Califes éclairés Omar Ben AlKhattab et Osman Ibn' Affan, les lieux de culte islamique se sont élevés dans les villes, les localités ou les forteresses dont les musulmans prenaient le contrôle. Cette présence ne s'est pas limitée aux villes côtières ou à quelques localités de l'intérieur du pays - comme 'Arqa, Tripoli, Jbeil (Byblos), Beyrouth, Saïda, Tyr, Baalbek, Mashghara et 'Anjar. Mais elle s'est étendue aux montagnes les plus élevées à Akkar, Denniyyeh, Koura, Hadath AlJoubba, Al-Mounaytarah, Chouf et Djebel 'Amil. La montagne libanaise a exercé le long de l'histoire, une attraction particulière sur les esprits. Il n'est donc pas étonnant de voir des historiens et des géographes frôler le mythe en évoquant son aspect sacré. Certains sont allés jusqu'à prétendre qu'elle fut l'une des huit montagnes du paradis soutenant le Trône. D'autres, dont Ibn 'Abbas, ont même affirmé que la mosquée de la Mecque fut construite avec des pierres provenant de quatre montagnes, dont le Mont Liban, et que les fondations de cette mosquée reposent sur cinq pierres dont l'une extraite de la montagne libanaise.

 

A partir de la moitié du 2ème siècle de l'Hégire (VIIIème  siècle), la côte du Liban, et surtout ses montagnes, ont vu affluer les ascètes, les ermites et les soufis qui se retiraient du monde pour s'adonner à la prière tout en restant prêts à répondre à l'appel du Djihad. Ils ne pouvaient imaginer un asile plus sûr que ces montagnes où abondent les forêts, les grottes et les vallées, les arbres fruitiers et les sources d'eau, comme le dit si bien Ibn Shaddad: "la montagne du Liban abrite quantité de gens pieux et d'ascètes qui se consacrent à l'adoration de Dieu. Car leur survie est assurée grâce aux arbres fruitiers, aux herbes et aux sources qui y abondent". Certains témoignages, dont ceux d'Ibrahim Ibn Adham et Zounnoun Al-Masri, n'omettent pas de mentionner les liens d'amitié qui unissaient les ascètes musulmans aux ermites et aux moines chrétiens qui se réunissaient afin d'échanger leurs connaissances et leurs expériences. Dans ce sens, la valeur du Liban ne provient pas uniquement de sa beauté naturelle, mais plutôt du rôle qu'il était appelé de tout temps à jouer comme lieu d'échange inter-religieux. Abstraction faite de la confession qu'ils représentent, et malgré la diversité de l'approche, les monuments religieux ne sont considérés que comme lieux de culte où Dieu l'Unique est vénéré.

 

Les lieux de culte islamique au Liban datent de différentes époques: Omayyade (Baalbek), Fatimide (Tripoli), Ayyoubide (Baalbek), Croisée (Saïda), Mamelouk (Tripoli, Baalbek, Saïda), et enfin Ottomane (Tripoli, Beyrouth, Saïda...). Ces lieux de culte comprennent les mosquées, madrassahs (écoles coraniques), zaouiyahs (établissements soufis affectés à l'enseignement), taquiyyahs (couvents de mystiques), maqams (sanctuaires) etc. Tripoli vient en tête des villes libanaises quant au nombre de monuments islamiques. En 1700 elle comptait 360 mosquées et écoles coraniques de style Mamelouk et Ottoman, dont près de cinquante édifices sont conservés jusqu'à nos jours dans l'ancienne ville et à Mina (le secteur du port). Ces monuments sont les témoins d'un art architectural qui suscite l'admiration des visiteurs devant les façades, minarets, portes, coupoles, mihrabs, minbars, fontaines d'ablution, voûtes, galeries etc... L'art décoratif n'est pas moins riche avec ses sculptures, ses inscriptions, ses formes géométriques, ses stalactites, ses panneaux en marbre polychrome, en pierre, ses miniatures etc... La ville ressemble à un musée en plein air, avec ses mosquées, hammams, khans, souks et maisons anciennes.

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