Le Tourisme Réligieux
Le Patrimoine Religieux Musulman
Cazas de Bécharré et de Zgharta

Wadi Qadicha ou Vallée Sainte

Dans la montagne du Liban-Nord, altière et majestueuse, la  chrétienté a une très longue présence (deux mille ans !) dont l’histoire est ponctuée d’innombrables sanctuaires et lieux de dévotion.

La vie spirituelle et mystique a trouvé au cours des siècles dans ces solitudes un de ses lieux de prédiction et de prédilection. Les foyers de méditation et d’ascèse y ont presque foisonné. Certaines architectures naturelles, à peine aménagées par l’homme et d’autres érigées dans un esprit d’humilité et de mortification, dévoilent  ces vies entièrement vouées à ce tête à tête avec Dieu...

S’ouvrant aux pieds de Bécharré, la Vallée Sainte communément désignée par Wadi Qadicha est une vallée profonde où se déversent de nombreux vallons et qui donne dans un tortueux cheminement vers la mer. Le terme de Qadicha est dérivé d’une racine sémitique signifiant « saint ». D’où la désignation de vallée sainte pour ces profondeurs souvent coupées par des falaises abruptes et riches en eaux de fontes des neiges.

De nombreuses grottes et abris sous roches, habités depuis le 3ème siècle, ont été  retrouvés. Durant la période médiévale, dans cette vallée à l’écho sonore, furent érigés aussi chapelles, ermitages et monastères rupestres.

Là, moines de toutes confessions et même des soufis musulmans se sont retirés pour y mener une vie de réclusion. On y priait dans toutes les langues : arabe, grecque, syriaque et éthiopien.

 

 

1- Couvent de Notre Dame de Qannoubin – Vallée de Qannoubin

Dans le cadre magnifique de cette nature grandiose et presque sauvage, dominé par Blawza et Diman, deux modestes bourgades, s'élève Deir Qannoubin (de Kenobion qui signifie couvent en grec) qui du 15ème au 19ème siècle servit de résidence patriarcale maronite. C'est ce même monastère, empreint d'une grande atmosphère de ferveur et de piété, qui a donné son nom à cette partie de la vallée. Construite à même dans un creux de rocher, l'église du monastère, exemple de simplicité et d'austérité, est rehaussée de peintures murales datant des deux siècles derniers.

La fresque la plus remarquable est celle du couronnement de la Vierge par la Trinité avec une inscription au-dessous en syriaque, tirée d'un passage du Cantique des Cantiques «Viens du Liban, ma fiancée et tu seras couronnée».

Originalité de cette peinture murale, la présence, de neufs patriarches en habits d'apparat et de sacerdoce.

En annexe au monastère et à une très petite distance du couvent, la chapelle de Sainte Marina groupe les dépouilles d'un grand nombre de patriarches maronites (en fait 18). On dit que Sainte Marina, faussement incriminée, fit là une longue et pénible pénitence et fut sacrée par la suite marraine spirituelle de la vallée.

 

 

2- Couvent Saint-Elisée « Deir Mar Elichaa » - Vallée de Qannoubin

Cœur battant de la vallée de Qannoubin, Deir Mar Elichaa (couvent Saint Elisée) est construit dans une grande enclave rocheuse où les ermites avaient aménagé des cellules. Les voyageurs des 17 ème et 18 ème siècles y faisaient déjà référence. Taillée à même la pierre des grandes falaises, son église est essentiellement composée de quatre petits autels nichés au creux des rochers. Quoique très ancien, il n'a pas été pratiquement possible d'établir la date exacte de la construction de ce couvent. Toutefois, non seulement c'est là que naquit en 1695 l'Ordre Libanais Maronite mais il est rapporté que déjà au 14ème siècle un évêque maronite y avait déjà élu domicile.

 

 

3- Couvent Saint Serge « Mar Sarkis » - Vallée de Qannoubin

Dans cette Vallée Sainte il semble que le dialogue avec Dieu soit ininterrompu. Tels ces nombreux sanctuaires qui, le temps d'une prière ou d'une pensée pieuse, relient l'être à l'Eternel. Sans doute Mar Sarkis n'était qu'une sépulture dont il ne subsiste actuellement qu'un autel surmontant un caveau creusé dans le roc. Deux vieux chênes à l'ombre généreuse confèrent à cet endroit une atmosphère de calme et de sérénité propice à la méditation.

 

 

4- Couvent de la Croix « Deir Es Salib » - Vallée de Qannoubin

En égrenant ce chapelet de monastères et de chapelles au creux de la Vallée Sainte, il n'est nul doute que Deir Es Salib (le couvent de la Croix), avec ses grottes ermitages rupestres retient l'attention du visiteur tant pour la difficulté d'y accéder que par le dépouillement et l'humilité du cadre. Il semble qu'autrefois, même avec cordes et échelles, il était difficile d'accéder aux cellules rupestres des anachorètes de toute évidence délibérément coupés du monde et ne vivant que de l'amour de Dieu.

Des inscriptions, dont certaines remontent au moins au 13ème siècle ainsi que des fresques, subsistent encore mais elles sont toutes dans un mauvais état. On relève des vestiges «Chalcédoniens», des écritures arabes et syriaques, des lambeaux de fresques, malheureusement rongés par l'érosion ou ayant été objets de vandalisme. Deir Es Salib fut un pôle d'attraction pour les ermites et les moines de tous bords mais aussi un point de ralliement de la chrétienté libanaise en d'autres temps.

 

 

5- Couvent de Notre Dame de Haouqa - Vallée de Qannoubin

Petit monastère composé d'une chapelle et de quelques cellules construites à l'intérieur d'une excavation rocheuse. Les chroniqueurs situent la date de sa construction vers la fin du 13ème siècle. Désert toute l'année il se transforme en lieu de pèlerinage lors de la fête de l'Assomption de la Vierge. Le soir du 14 août l'on y célèbre une messe ardemment fréquentée par les fidèles.

 

 

6- Couvent Saint – Antoine « Deir Mar Antonios Qozhaya » - Wadi Qozhaya

Encore un couvent dans cette Vallée Sainte dont l'emplacement dans une nature somptueuse et verdoyante lui donne un aspect encore plus impressionnant et surtout empreint de piété. Dérivé du syriaque, Qozhaya signifie «le trésor de la vie». Ce «trésor» est le Christ lui-même que les moines retrouvent en abandonnant les biens terrestres et en se consacrant, dans la dépossession, à la prière. Et la «vie» ici c'est l'abondance de l'eau dans cette vallée qui vivifie une nature majestueuse et fertile.

L'origine de Deir Mar Antonios Qozhaya (le couvent de Saint Antoine) remonterait au début du Vème  siècle où la vie monastique s'était répandue dans la région.

Exemple de la vie communautaire religieuse, ce couvent fut le premier à installer une imprimerie au Proche-Orient aux environs de 1585 selon certains historiens. Et le premier texte imprimé fut le livre des Psaumes paru en 1610 qui se trouve actuellement à la bibliothèque de l'Université Saint-Esprit de Kaslik. Par la suite, plusieurs autres livres liturgiques et religieux furent imprimés dans ce même couvent.

L'église ici est l'œuvre commune de la nature et de l'homme. C'est une grotte naturelle taillée dans le roc. Sa pierre rose est trempée dans le plomb et non dans la chaux. Dans la partie supérieure, une série d'arcades repose sur douze bases roses, s'appuyant sur des bancs de cuivre. Sa façade à colonnettes, sa porte mauresque et son triple clocheton se détachent à peine de la falaise.

Des cellules collées au rocher comme des nids de guêpe abritaient jadis les premiers ermites, ces «hommes ivres de Dieu».

La grotte de Saint Antoine, appelée localement «  la grotte aux fous » renfermait anciennement les possédés, les déments, les mauvais esprits que l’on confiait à la vigilance du Saint. C’est avec une impression de crainte et d’inquiétude qu’on voit jusqu’au aujourd’hui les chaînes qui les attachaient.

 

 

7- Couvent Notre Dame de Diman - Diman

A quelques lieux de Bécharré, Hasroun et Bkerkacha, gardé par des cèdres et une végétation touffue, le couvent de la Vierge à Diman, résidence du patriarche maronite en été, avec ses tuiles rouges, son clocher fendant l'azur, ses nombreuses arcades extérieures et sa grande cour, domine la vallée de la Qadicha. Son église est ornée de superbes peintures murales, œuvre de l'artiste libanais Saliba Doueihy.

 

 

8- Eglise Mar Mema (Ehden)

L’église Mar Mema à Ehden fut élevée en 748 sur les ruines d’un temple  païen  construit par des Macédoniens et dédié au Soleil. C'est la plus ancienne église maronite au Liban. Il s’agit d’une petite église à 2 nefs, une principale et l’autre latérale. On retrouve sur ses murs des croix et des inscriptions en strangelo et en grec et la date 494 après le début du royaume  d’Alexandre le Macédonien. Le baptistère est une grande urne incluse dans le mur. Mar Mema (260-275) est le patron des bergers et des nurses, il fut exécuté, à Césarée Cappadoce, à l’âge de 15 ans durant les persécutions de l’empereur Romain Aurélien.

 

 

9 - Notre Dame de la Miséricorde – “Sayedet al Marahem” - Mezyara

Un grand sanctuaire moderne dédié à la sainte vierge par un riche fidèle Libanais.  On y voit, dans un très beau cadre, la tour couronnée par la statue de la sainte vierge, au bas de laquelle des statues de grandeur nature illustrent des passages  de l’évangile (Les 12 disciples, la nativité, le baptême du Christ, la fuite en Egypte, le miracle de Cana, la cène etc.). Il est servi par les religieuses du saint sacrement.

 

 

10 – Eglise Saint Georges – Ehden

Selon des références historiques antiques, cette église figure au rang des plus anciennes et des plus magnifiques au Liban. Selon le savant P. Henri Lamens, elle remonterait à « l’ère de Justinien ou à des architectes ayant adopté son style de construction ». Elle contient trois écritures antiques : la première écriture en grec est oblitérée sauf pour deux lignes selon lesquelles l’église « a été construite en 584 de l’ère d’Alexandre, soit en 272 de notre ère » tandis que les deux autres sont en langue syriaque.

En 1855, les habitants d’Ehden ont construit sur les ruines de cette église antique une nouvelle église sur l’impulsion du régisseur du legs pieux de l’époque Habib Bek Karam. Les travaux de construction ont été suspendus durant les évènements de 1860 avant de reprendre en 1870 et d’être achevés en 1880. Sa coupole qui s’élève à une hauteur de 16 mètres au-dessus du niveau de l’église a été construite par l’artisan Boulos, fils du diacre Gerges Yammine en 1898.

 

 

11- Notre Dame de la Forteresse – Ehden

Au nord-ouest d’Ehden sur une colline élevée aux versants fortement inclinés qui surplombe tout le Liban et une partie de la Syrie, les anciens habitants d’Ehden ont construit une forteresse imprenable couronnée de nos jours par deux églises, l’une ancienne et l’autre plus moderne – dédiées à la Vierge Marie.

1 – Eglise ancienne « Notre Dame de la Forteresse »

Les habitants d’Ehden ont construit cette église en sanctuaire dédié à la Vierge Marie, leur sainte patronne, afin qu’Elle soit leur forteresse et leur refuge. Les Mamelouks détruisirent la forteresse et l’église en 1283 avant que les habitants d’Ehden ne la reconstruisent en utilisant les pierres de la forteresse détruite. Elle fut de nouveau reconstruite après un séisme en 1705, puis restaurée en 1836 après sa destruction mentionnée par l’explorateur et poète français Lamartine au cours de son voyage dans la région en 1833.

2 – Eglise moderne « Notre Dame de la Forteresse »

Cet imposant sanctuaire marial adjacent l’église ancienne a été inauguré en 1989. Son architecture n’est pas du tout traditionnelle : en effet, cette grande église de forme circulaire s’élève en cône et est couronnée par une imposante statue blanche représentant la Vierge Marie aux bras ouverts (fabriquée en Italie). Cette statue est miraculeuse et attire visiteurs et fidèles qui viennent pour obtenir grâces et bénédictions, notamment durant la première semaine de septembre jusqu’au 8 de ce mois (Naissance de la Vierge Marie).

 

 

12- Couvent Mar Mora – Ehden

Ce berceau de l’Ordre Libanais Maronite est situé au pied d’Ehden du côté sud au-dessus du village de Aïntourein. Sa construction remonte à 1339 (selon une écriture en marge d’un évangile retrouvé dans l’église de Bejjé dans la région de Jbeil et datant du temps du Patriarche Doueihi). Le patriarche l’a remis aux fondateurs de l’Ordre Gebrayel Hawwa, Abdallah Qaraali et Youssef El-Bitn le 1 août 1695, qui l’ont restauré en l’entourant d’un mur et le transformant en premier siège du Supérieur de l’Ordre. Ils se sont réunis dans ce couvent trois années durant au cours desquelles ils ont vécu l’expéreince de la vie monastique communautaire.

La gestion du couvent de faisait par rotation entre les fondateurs jusqu’en 1701, date à laquelle ils l’ont abandonné. Tombé en ruines, il n’en subsiste aujourd’hui que deux caves adjacentes dotées d’arcades en pierres. Les traces des cellules construites par les moines en 169 y sont toujours visibles. Dans le but de préserver la présence monastique dans la région, l’Ordre Libanais Maronite l’a repris le 17 janvier 1995 (jour de la fête de Saint Antoine le Grand) avec l’accord de l’évêché patriarcal maronite (vicariat de Zghorta) afin d’en restaurer l’antique héritage monastique.

 

 

 13- Couvent Saints Serge et Bacchus - « Deir Mar Sarkis wa Bakhos » -  Ehden - Zghorta

Fierté de l’Ordre Antonin Maronite, c’est un grand monastère, qui compte parmi les plus importants au Liban. Son histoire et son importance sont étroitement liées au grand Patriarche Estéphane Douaïhy. Grande figure de l’Eglise Maronite, béatifiée, grand Parrain des trois ordres de moines Libanais maronites. Anciennement appelé aussi Mar Sarkis Ras-en-Nahr, ou monastère de Saint Serge « Début du fleuve », la source, ou du torrent, pour sa proximité de la source de Mar Sarkis. Sa construction daterait d’avant 1473, date de la mort de l’évêque Pierre d’Ehden, d’après les écrits du Patriarche Douaïhy, qui entreprit la rénovation du monastère. Rien ne reste de ce couvent sauf les ruines de deux anciennes églises du côté est du rez-de-chaussée. Le Patriarche Estéphan Douaihy entreprit sa restauration vu qu’il y reçût ses sacrements sacerdotaux après son retour de Rome diplômé en Philosophie et en Théologie. Il fut connu pour avoir refusé toutes les offres des universités à l’étranger ou d’abandonner son patrimoine libanais, maronite et syriaque pour le patrimoine latin. Fouad Ephrem Al Boustani cite qu’il «  préféra le Liban à l’Italie, Ehden à Rome, l’école du village aux grandes universités du monde, les bancs en pierres sous les chênes, les cyprès aux chaires des universités ». Après son ordination prêtre, il ouvrit une école dans le couvent Saint Sarkis Ras- An – Nahr.  

En 1739 et après la construction du nouvel étage, il fut donné aux  moines antonins. Remarquable sa grandeur ainsi que ses voûtes en berceau brisé, il renferme des archives et des manuscrits qui relatent son histoire comme celle du Patriarche Estéphane Douaïhy. 




Cazas du Koura et de Batroun

1- Les églises d’Amioun

S'élevant sur un monticule ou «tell» et entouré d'oliveraies, Amioun, cœur battant de la région du Koura, est riche en églises témoignant du passage de plusieurs civilisations. La première à citer est l'église de Mar Gérios ou Saint Georges, construite sur les ruines d'un temple païen néolithique et remaniée par la suite depuis l'époque des croisés. Beaucoup d'indices révèlent la présence d'un tunnel (dahliz) qui la reliait à la grotte avoisinante de l'église Saint Jean. Mais ce tunnel a été enfoui suite à des bouleversements géologiques.

Posée sur un rocher à falaises abruptes et criblées d'alvéoles telle une ruche d'abeilles démesurément agrandie, l'église de Mar Youhanna ou Saint Jean est rehaussée d'un toit en tuiles rouges. Les alvéoles évoquées des falaises surplombant la route principale de la région sont en fait des caveaux funéraires phéniciens puis gréco-romains qui ont aussi servi ultérieurement d'abri à des moines. Quant à la petite église de Mar Fawqa ou Saint Phokas, érigée au milieu d'un fouillis de maisons depuis l'époque des croisés, elle est surtout réputée pour la richesse de ses peintures murales. Une des fresques représente le Christ descendant dans les enfers et tendant une main secourable à Adam et Eve. Sur les piliers de l'église sont peintes les figures du Christ, de Saint Phokas, de Saint Simon le Stylite et d'autres.


 

2- Monastère Notre Dame de Hammatoura à Kousba

Encastré à même les replis rocheux de la montagne le monastère de Hammatoura est d'accès plutôt difficile et d'aspect absolument impressionnant. A proximité d'Amioun et de Kousba, ce monastère est riche de peintures médiévales révélées accidentellement vers les années quatre-vingt-dix suite à un incendie.

Les pèlerins qui ont fait un vœu empruntent la route à pied, c'est-à-dire par le biais d'un tortueux sentier, tout en regardant le paysage environnant et qui est de toute beauté..

 

 

3- Couvent Notre Dame de  Saint George -Balamand

En retrait d'une bonne distance (8 km) de la route côtière menant vers Tripoli, il y a huit siècles, les moines cisterciens fondaient leur première abbaye d'outre-mer sur un promontoire et lui donnaient le nom de Belmont. Connu aujourd'hui sous le nom de Balamand, il est le siège d'un monastère orthodoxe dédié à la Vierge et à Saint Georges. Ce lieu de prière s'est affirmé aussi par son rayonnement culturel et en tant que foyer de création. Doté d'une université ultramoderne depuis 1988, Balamand possède une remarquable bibliothèque avec des manuscrits importants, deux iconostases et des icônes admirables. Ces icônes sont l'œuvre d'une multitude de peintres de plusieurs pays venus à différentes périodes contribuer au patrimoine iconographique du monastère.

Chef d'œuvre d'austérité et de clarté, l'organisation des structures du monastère autour d'un cloître à ciel ouvert atteste des caractéristiques d'une architecture essentiellement cistercienne. L'église de Notre-Dame de Balamand est composée d'une nef unique terminée par une grande abside flanquée de deux chambres rectangulaires qui s'emboîtent avec elle dans un chevet carré. L'iconostase est en bois sculpté, travaillé en Macédoine vers la fin du 17ème siècle et dont une partie seulement serait l'œuvre d'artisans locaux. Le clocher, monument gothique de facture nettement provençale, est l'un des éléments extérieurs les plus remarquables de l'église. Il s'agit du seul clocher en pierre qui subsiste dans tout l'Orient.

Fidèle à une grande tradition spirituelle de la chrétienté orientale dont il est d'ailleurs le dépositaire, Balamand est sans doute dans la ligne de l'exhortation du Christ: «Vous connaitrez la vérité et la vérité vous rendra libres».

 


4- Les Eglises d’Enfé

Une côte marquée par le calme et les marais salants mais riche aussi en vestiges historiques. Trois églises situées sur ces rivages baignés par une mer incroyablement bleue méritent le temps d'une halte. Saydet El-Rih ou Notre Dame du Vent, construite à l'époque byzantine, est sérieusement endommagée. Mais cette petite chapelle conserve toutefois des peintures murales où l'on peut voir encore Saint Georges et Saint Démétrios sur de fringants chevaux, le Christ omnipuissant, deux évangélistes, quelques saints et la Vierge calmant une tempête, probablement une allusion pour sauvegarder la quiétude de la nature environnante.

L'église Sainte Catherine, qui date de l'époque des Croisés, est partiellement restaurée et fréquentée jusqu'aujourd'hui par la communauté Grecque-Orthodoxe. Sa façade est dotée d'une des plus grandes rosaces des églises croisées de cette époque.

A proximité de cette même côte, dans les vieux quartiers de cette même localité, se trouve une église à deux autels, dédiée à la fois à Saint Siméon le Stylite et à Saint Michel. Datant des 17 ème - 18 ème siècles, cette église se caractérise, pour la partie de Saint-Siméon, par un plafond particulier car il incorpore dans la maçonnerie des jarres pour absorber l'écho et offrir ainsi une meilleure acoustique.

 


5- Couvent  Notre Dame - Kaftoun

Dans un paysage dominé par la rocaille et recouver1 d'une verdure mêlant oliviers et arbres fruitiers, se profile le couvent de Kaftoun appartenant à la communauté grecque-orthodoxe. A l'est de Hamat paisible bourgade, et à flanc de vallée, ce couvent adossé à une falaise à la couleur ocre, abrite avec beaucoup de ferveur une minuscule chapelle taillée au creux d'un rocher.

A noter aussi à côté un très ancien couvent maronite.

 


6- Couvent  Notre Dame des Lumières « Saydet El-Nouriyeh»

Au haut d'un pic à la vue imprenable et qui donne sur tout le littoral nord du Liban, se dresse un monastère grec-orthodoxe connu sous le nom de Deir El-Nouriyeh ou Notre Dame des Lumières. Lieu de pèlerinage, lieu saint et miraculeux, ce couvent remonte au 17ème siècle et fut terminé au 19ème siècle. Sa structure est celle d'un cloître où la vie monastique tourne autour de la cour intérieure. L'église est à plan basilical et ne possède qu'une nef tandis que l'iconostase moderne est en marbre.

Un escalier presque abrupt, à proximité du couvent, mène à une grotte incrustée dans la falaise battue par le vent et faisant face à la mer. C'est cette même grotte dont la légende est célèbre qui a donné le nom à ce monastère. On raconte que deux marins ont failli périr dans la tempête d'une mer démontée. C'est alors que la Vierge leur apparut, toute lumineuse, et les guida paisiblement jusqu'à la côte.

 


7- Chapelle du Saint-Sauveur à koubba

Protégé par un site boisé et pas très loin du roulis de la mer, Koubba est un petit village au nord de Batroun, ville côtière réputée pour sa pêche et sa douceur de vivre. Là, dans ce cadre verdoyant se trouve la chapelle du Saint-Sauveur, communément connue sous le nom de «Sansabour». Construite au 12ème siècle à l'époque des croisés, elle a gardé intacte toute sa beauté architecturale. En dévalant la colline sur laquelle est érigée cette chapelle, on croise un édicule dédié à Mar Yaacoub ou Saint-Jacques. Mélange de civilisations pour ce lieu de culte qui remonte originellement aux restes d'un temple romain où fut construite par la suite une église byzantine réarrangée et remise au goût du jour par les croisés. Ce qui fait le caractère exceptionnel de cet endroit ce sont les vestiges mêlant les inscriptions d'un autel romain et les fragments de certaines moulures byzantines. Richement marquée par le temps et l'histoire, la chapelle de Saint-Sauveur abrite aussi, à quelque pas de là, c'est-à-dire du côté de l'ancienne route de Tripoli, bon nombre de grottes préhistoriques. L'une d'entre elles, dédiée à St. Jean-Baptiste, est devenue un sanctuaire très visité.

 


8- Couvent Saint Jean Maron «  Mar Youhanna Maroun » -Kfarhay

Ce monastère, un des plus vieux du Liban a été construit par Saint Jean Maron, Evêque de Batroun et du Mont Liban en l’an 685. Il s’installa en premier au monastère de Saint Maron, sur les rives de l’Oronte. Il se déplaça à  Kfarhay en l’an 694, et, après quelques temps, il fit rapporter les reliques du crâne de Saint Maron, du Mont Sema’an, près de Hama en Syrie, pour le conserver dans l’église du monastère, elles y resteront jusqu’en 1130. A cause de ces reliques, le monastère fut connu par « Deir Rish Moran » ce qui veut dire, en Syriaque « terre de Maron ». Saint Jean Maron, premier Patriarche Maronite, vécut dans le monastère de Kfarhay jusqu’à sa mort en l’an 707,  il y a été enterré, mais on n’a pas retrouvé l’endroit de son tombeau. En 1131, un  moine dominicain de la congrégation de Saint Jacob, prit les reliques du saint en Italie, où il fit construire une église à son nom.

Les démarches de Patriarche Maronite, le Cardinal Sfeir et de Mgr. Sa’adé, Archevêque de Batroun, dont le siège d’été est à Kfarhay, auprès des autorités religieuses italiennes aboutirent à rapatrier une relique de la tête de Saint Maron, le 17 Octobre 1999, à Bkerki, et le 8 Janvier de l’an 2000, cette sainte relique revient à Kfarhay, son emplacement initial.

Quatre autres patriarches succédèrent à Jean Maron et y résidèrent. Les croisés l’avaient appelé le monastère « Saint Maron de Caphray ». Endommagé par les Mamelouks, il sera restauré par le Patriarche Estéphane en 1787.

Ses salles en voûtes, ses colonnades et plus particulièrement son clocher « Triple » en font un lieu saint, qui continue ses activités pédagogiques et agricoles. Il faut mentionner que les moines s’en étaient occupés pendant un certain temps alors qu’actuellement, il est  le siège d’été de l’évêque de Batroun.

 


9- Chapelle Sainte Naya - Kfar Chlimane

Aux environs de Batroun, en allant du côté est via Sourât, abritée par une touffe d'arbres donnant ombrage et vie à un paysage plutôt sec, dans un espace dégagé et à la vue magnifique, se dresse, simple mais pleine de ferveur, la chapelle de Kfar Chlimane. Remontant au 12ème et 14ème siècle un caveau funéraire, taillé dans cette terre rocailleuse, fut le premier argument pour ériger une église transformée par la suite en chapelle. Orné de belles peintures médiévales, ce caveau est désigné aujourd'hui par la grotte de Saydet Naya. Dans cette chapelle rupestre peinte l'on peut surtout apprécier la beauté et la richesse de l'art des représentations divines: Le Christ, la Vierge, Saint jean Baptiste, le Pantocrator. Cette église est en fait un vestige du couvent "Richmouran" érigé au 7ème siècle.

 


10- Couvent Saints Cyprien et Justin «  Sanctuaire de Saint Hardini » - Kfifane

Toujours dans cette région verdoyante des environs de Batroun, s'égrènent les maisons de Kfifane aujourd'hui lieu de pèlerinage grâce au Saint Nematallah Kassab AI-Hardini qui fut enterré au couvent de cette modeste localité. Nommé le couvent de Saint Cyprien et Justinien, ce monastère date de bien avant le 17ème siècle et c'est en 1766 que l'Ordre Libanais Maronite en reçut la gestion pour le transformer en un haut lieu d'études théologiques, philosophiques, littéraires et juridiques. Parmi les élèves qui ont fréquenté cet établissement, on cite bien entendu le père Al-Hardini, mais aussi Saint Charbel.

Né en l'an 1810, Nematallah Al-Hardini entre très jeune au noviciat et prononce ses vœux à vingt ans au couvent de Saint-Antoine de Qozhaya. Il reçut l'ordre sacerdotal le 25 décembre 1835, fut un exemple d'obéissance et sa vie fut prière ininterrompue. Il brilla dans ses connaissances linguistiques notamment la langue arabe et syriaque. Il mourut le 14 décembre 1858 à peine âgé de 48 ans.

Il fut proclamé «  Bienheureux » par le Pape Jean Paul П le 19 mai 1998, et c’est aussi dans la Basilique Saint – Pierre à Rome que ce même Pape le proclama «  Saint de l’église » le 16 mai 2004.

 


11- Couvent Saint Joseph « Sanctuaire de Sainte Rafqa »- Jrebta:

Dans le «Jurd» profond du Batroun, à quelques distances de Kfifane où vécut le Saint père Hardini, gardé par des arbres centenaires et au cœur d'un paysage de solitude empreint d'une certaine grâce sauvage, se dresse Deir Mar Youssef Al-Daher à Jrebta.

C'est là que fut inhumée la Sainte Sœur Rafqa. Née le 19 juin 1833, elle rentra dans les ordres des sœurs maronites à l'âge de trente-neuf ans car elle aspirait à une vie totalement dévouée à Dieu. Sa vie en effet dès lors ne fut que prière continue. Elle demanda au Christ de participer à sa passion et cette grâce lui fut accordée. Son calvaire devait durer 29 ans, elle mourut saintement en 1914 à 81 ans et fut enterrée à l'ombre des arbres dans le jardin du couvent.

Sa sainteté se manifestant avec éclat, on transporta ses restes dans le tombeau qui existe encore dans l'église, devenue très vite lieu de pèlerinage car depuis le 17 novembre 1985 le Saint Siège l'a proclamée «bienheureuse» et « Sainte » le 10 juin 2001.

 


12- Les Eglises D’Eddeh

A quelques Kilomètres au sud-est de Batroun, à Eddeh, petite localité au sol rocailleux et à la verdure inondée de soleil, on relève la présence de plusieurs églises dont deux des plus notoires de la région. La première, Mar Saba, petite bâtisse médiévale aux pierres claires, rehaussée de quelques fragments de peintures murales datant du 13ème siècle. Fragments représentant de Saints Cavaliers (Saint Georges ou Saint Démétrios) et une Crucifixion. La seconde église est celle de Mar Méma, dédiée à Saint Mamas, d'allure plus moderne mais construite avec des matériaux antiques.

 


13- Eglise de Mar Nohra à Smar Jbeil

Toujours aux alentours de Batroun, au cœur d’un petit village nommé Smar jbeil qu'on découvre au détour d'une route montagneuse escarpée, se trouve la vieille église de Mar Nohra marquée du sceau des croisés. On dit qu'elle contient la sépulture d'un missionnaire originaire de la Perse. Là se mêlent des éléments d'un temple romain avec des matériaux plus modernes notamment de l'époque médiévale. Outre un escalier extérieur, fidèle à la tradition architecturale de l'époque, conduisant au toit, l'entrée principale est décorée d'une chaîne aux anneaux taillés à même pierre.

En état d'absolu délabrement, mais toujours visible et debout est cette vieille chapelle à nef unique et parvis réduit, située à proximité de l'église de Mar Nohra.

 


14-Les Eglises de Hardine

Hardine contient plus de 30 couvents, églises et ermitages dont les plus importants sont : Couvent Saint Jean Al-Chaqf, couvent Saint Estephan, couvent Saint Sarks Al-Qarn (siège patriarcal), couvent Saint Richa (dans lequel ont habité de nombreux évêques dont 11 sont désormais connus), couvent Saint Fawqa, église Saints Sarkis et Bakhos (creusée dans la roche et connue sous le nom d’ « église du baptême » en référence au baptistère dans lequel Saint Neemtallah Al-Hardini a été baptisé et qui y est toujours conservé), église Saint Challita, église Saint Nohra, église Saint Elie, …

 


15-Les Eglises de Tannourine

Tannourine contient de nombreuses églises et ermitages creusés dans la roche et qui datent du Moyen Age, dont : église Notre Dame, église Saint Challita, ermitage Saint Jean et ermitage Saints Sarkis et Bakhos (Sege et Baccus).

 


*Eglises Saint Antoine « Mar Antonios » et Notre Dame

Cadre serein et enchanteur à l'ombre des peupliers et des noyers bercés par le chant d'une rivière pour ces deux églises accolées l'une à l'autre mais avec deux portes extérieures indépendantes surmontées chacune d'une petite fenêtre. Les églises Mar Antonios (Saint Antoine) et Saydet EI-Azraa (Notre Dame La Vierge) qui ne sont pas construites tout à fait à la même époque communiquent aussi par une porte intérieure d'une largeur d'un mètre et d'une hauteur d'un mètre trente centimètres. De dimensions légèrement différentes ces églises sont uniques dans la région de Tannourine.

 


* Couvent Saint-Antoine - Houb

Le mot «Houb» a pour origine «Houbou» qui signifie «amour» en syriaque. Et cette région de Tannourine (riche de plus de 50 églises) fut désignée ainsi à cause de la beauté et de la richesse de sa nature ainsi que des nombreuses sources qui l'alimentent. Sur une hauteur de plus de 1400 mètres au-dessus du niveau de la mer, au cœur de la verdure et des lits de rivières qui font le fleuve «al jawz», se dresse Deir Houb connu par Mar Antonios (Couvent Saint Antoine) construit aux environs de 1700. Grande bâtisse de deux étages avec une toiture en tuiles rouges dont l'église fut soigneusement restaurée.

 


Caza Tripoli, Al-Minyeh Al-Donnieh et du Akkar

1- Eglise Saint Jean - Tripoli

A l'ombre de la citadelle de Saint-Gilles de Toulouse et à l'intérieur du cimetière maronite d'Abou Samra, se dresse cette ancienne église croisée connue sous le nom de Saint-Jean du Mont-Pelerin. Deux chapelles accolées communiquant au moyen d'une porte forment en toute simplicité l'essentiel de cette «demeure de Dieu» habitée par le silence et la paix.

 

 

2- Eglise Sainte Salomé «  Mar Chmouné » Chadra - Akkar

Vieille église de Mar Chmouné et les 7 enfants (Mar Chmouné wal awlad al saba’a), construites par les Syriaques durant les premiers siècles du Christianisme. Chmouné ou Salomé est la mère de 7 frères mentionnés dans la Bible dans le livre des Maccabées, martyrisés avec elle par Antiochos Epiphane en 168 av. JC.

 

 

3- Les églises de Qobaiyat

A proximité de l’atelier de soie, se dresse l’école et l’église Saint Georges suivant une architecture italienne. Il s’agit de même de l’église Saint Challita, avec une seule aile et une niche en pierres anciennes retrouvées lors de la reconstruction de l’église ; deux de ces pierres portent des inscriptions grecques endommagées. Il y a de même deux chapelles presque jumelles construites sur les vestiges d’un temple ancien.

 

 

4- Couvent Notre Dame du Fort « Saydet El Qalaa » - Mounjez

Le monastère fut élevé en 1890, et construit en pierre basaltique.



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