TOURISME PAR REGION
Beyrouth
Liban Nord
La Békaa
Le Sud
Regions / Le Chouf

Région montagneuse située au cœur historique du Mont-Liban, le Chouf fut le berceau du Liban moderne.

Au cours de la domination ottomane, dès 1516, les gouverneurs du Mont-Liban dirigent les territoires qui leur sont assignés à partir de leurs résidences successives : Baakline, Deir el-Qamar et Beiteddine. Sous leur autorité, sont mises en place les bases de la coopération intercommunautaire qui aboutissent à l’indépendance du Liban en 1943. Le plus célèbre d’entre eux, l’émir Fakhreddine II Maan, parvient dès 1623 à étendre son pouvoir au-delà du territoire qui constitue le Liban actuel.

Lorsque son grand-père Fakhreddine 1er accède au pouvoir en 1518, il s’établit à Baakline. Mais du fait des difficultés d’approvisionnement en eau potable, il choisit de s’établir à Deir el-Qamar qui devient la capitale du Mont-Liban.

Avec la disparition du second et dernier émirat de la dynastie des émirs Chéhab, successeurs des maanides, vers la moitié du XIXe siècle, l’importance de Deir el-Qamar décline peu à peu au profit de Beiteddine puis de Beyrouth, l’actuelle capitale du Liban.

 

Comment y arriver ?

Quittez Beyrouth par la voie rapide du sud en direction de Saïda. Après la ville de Damour à 25 km de Beyrouth, prenez une bifurcation à droite qui enjambe l’autoroute et mène vers les hauteurs du Chouf. La route longe la rivière Nahr el-Damour où se trouvent quelques restaurants puis s’enfonce à l’intérieur de la montagne.

Deir el-Qamar

Le vieux Deir el-Qamar offre une agréable visite dans un cadre urbain qui a gardé ses caractéristiques architecturales du XVIIe et XVIIIe siècle. Un parfait avant-goût de la beauté qui vous attend à Beiteddine. Dans le vieux quartier pittoresque, des jardins intérieurs plantés de jasmins, d'hortensias et de fushias, les petites courettes dallées, les terrasses ombragées de vigne, les mandalouns aux bacs fleuris de géraniums et les porches accueillants des maisons offre un paysage splendide.

 

Histoire

En 1945, le Gouvernement libanais classe le vieux Deir el-Qamar et inscrit ses palais et vielles demeures à l’inventaire des Monuments Historiques. A partir des années soixante, des travaux de restauration et de réhabilitation de certains monuments sont entrepris. En 1971, un plan d’urbanisme définit les deux secteurs, historique et résidentiel de la ville. Les constructions qui nuisaient aux anciens palais et sérails sont démolies. En 1995, Deir el-Qamar est habilitée par l’UNESCO à déposer son dossier pour figurer sur la liste du patrimoine mondial.

La ville compte aujourd’hui quelques 10 000 habitants et entend préserver non seulement son architecture qui date de l’époque féodale, mais encore ses vieilles ruelles pavées, ses jardins clos de murs et ses recoins pittoresques.

 

Visite de Deir El Qamar

Point central de votre visite, la grande place publique appelée autrefois Midane était dès le XVIe siècle, le lieu de joutes et autres compétitions équestres. Au centre de la place, un joli bassin du XIXe siècle, alimenté par l'eau du Chalout permet au visiteur de se rafraîchir.

A I'ouest de la place, la mosquée fut construite en 1493, la première mosquée de la Montagne par l'émir Fakhreddine 1er, premier émir de la dynastie Maan, pour ses mercenaires sokmans. Des inscriptions sur les façades de l'édifice mentionnent le nom de l'émir, la date de construction ainsi que trois versets du Coran. Le monument, de plan carré, est constitué d'une salle voûtée d'arêtes et d'un beau minaret octogonal dont l'inclinaison est la conséquence d'un tremblement de terre survenu en 1630.

Dominant la mosquée et le Midane, le souk des cordonniers était autrefois le plus animé de la ville et comprenait l8 boutiques et ateliers. Aujourd'hui restauré mais fortement réduit, il abrite quelques petits commerces.

Derrière le souk et de l’autre côté de la route, le palais de l'émir Younès Maan qui était le commandant en chef de l'armée durant l'exil volontaire de son frère Fakhreddine II en Italie en 1613. Un étage de son palais fut détruit vers la fin du XVIIIe siècle par l'émir Youssef Chéhab (1770-I789) qui utilisa ces matériaux pour construire son propre sérail, l'actuelle municipalité. Le portail dont la richesse de la décoration et la polychromie des pierres contraste avec la façade austère de cet édifice. Un musée des hologrammes occupe le rez-de-chaussée.

La Kaïssariyyé (caravansérail de la soie) ou le Cesare occupe une grande partie de la façade nord-est de la place. Construite en 1595 sous le règne de l'émir Fakhreddine II, elle fut un marché public fermé destiné, à l'origine, au commerce de la soie, industrie florissante à l'époque dans la région. Avec sa cour à ciel ouvert, son bassin central et ses 16 magasins s'ouvrant sous des portiques, cet édifice adopte la disposition classique d'établissements similaires: les khans ou caravansérails des époques mamelouk et ottomane. De nos jours, elle accueille les manifestations culturelles organisées par le Comité d'Initiative de la Ville.

Adjacent à la Kaissariyye, quelques marches permettent d'accéder au Kharj. Destiné à l'origine de caserne aux mercenaires de Fakhreddine II et de dépôt de munitions, ce bâtiment fut transformé sous l'émir Béchir III (1840-1842) en entrepôt de provisions alimentaires réservées essentiellement aux soldats. Depuis 1992, les locaux ont été mis à la disposition de la Mission Culturelle Française pour ouvrir un centre culturel et linguistique.

Surplombant la cour de la Kaïssariyyé, une ancienne demeure d’un notable israélite appartenant à l'entourage immédiat de Fakhreddine II offre un bel ensemble architectural. Ce large édifice abritait au rez-de-chaussée une petite synagogue du XVIIe siècle quelque peu défigurée par une restauration fantaisiste.

De retour à la place centrale, accédez par un large escalier au palais de l'émir Fakhreddine II construit en 1620. Son architecture est du type khan. Autour d'une cour dallée agrémentée d'un bassin octogonal, s'ouvrent les chambres, les cuisines et les appartements. Pour des raisons de sécurité, l’accès à la cour centrale est indirect, ce qui permettait aux gardes de mieux défendre l’entrée. Acheté par la famille Baz en 1925, le palais abrite le musée de cire Marie Baz où sont exposées les statues des personnages de l'époque des deux émirats et du monde contemporain.

(Ouvert tous les jours de 9h à 20h (9h à 18h en hiver). Tel : 05 511666 – 05 512777

Entrée payante)

En sortant du palais, un escalier mène au palais Nicolas el-Turq, poète de grande renommée à la cour de l'émir Béchir II Chéhab. Construit en 1805 sur un terrain accidenté, ce palais de type khan comprend une cour sur laquelle ouvrent deux jolis liwans reliés par une galerie de trois arcades. A l'entrée d'une des salles, une "mezuzah" confirme la confession israélite du premier propriétaire de ce palais. Aujourd’hui, le palais appartient à la famille Boustany.

Plus haut, la ruelle en escalier même au mausolée el-Kobbé. C’est un petit édifice de plan carré qui abrite les dépouilles des émirs Ahmed Maan (1662-1697), Haïdar Chéhab (1706-1729) et son fils Mansour (1770).

A gauche du musée Marie Baz, le palais de l'émir Ahmed Chéhab (1754-1763) plus connu sous le nom du palais Gergis Baz. Il fut construit en 1755 par l'émir Ahmed pour son épouse qui le vendit plus tard à Gergis Baz, ministre de l'émir Béchir II Chéhab. L'édifice de deux étages suit le plan des maisons orientales traditionnelles centré autour d'une cour intérieure à ciel ouvert, agrémentée d'un bassin octogonal, sur laquelle s'ouvrent les chambres, les appartements et les bains. Un magnifique portail est richement décoré de moulures et de pierres de couleurs différentes. Malheureusement, le palais est fermé au public.

Au sud de la place centrale, la Municipalité a pris ses quartiers dans l’ancien sérail de L’Emir Youssef Chehab Construit au-dessus de l'ancien palais du premier émir maanide Fakhreddine 1er au début du XVe siècle, cet immense édifice s'organise autour d'une vaste cour intérieure rectangulaire. Un étage ajouté par l'émir Melhem Chéhab (1729-1754) permit d'atteindre le niveau de la place. Ce palais fut ensuite la résidence successive des émirs Youssef Chéhab et de son neveu Béchir II (1789-1840). L’accès se fait par un magnifique portail dont la partie supérieure est ornée de deux lions en médaillons, symboles de la dynastie des émirs Chéhab. Ne manquez pas de visiter les salles d'audience de l'émir dont la salle à la coupole et son kiosque en boiserie polychrome récemment restauré.

Deir el-Qamar décida de reproduire l’organisation municipale des wilayas de l’empire Ottoman et se dote le 31 août 1864 du premier conseil municipal de l’histoire du Liban.

En sortant du sérail, à droite, dirigez-vous vers une courette ombragée qui précède la salle à la colonne, espace dont les arcs des voûtes reposent sur des piliers rectangulaires et sur une colonne, d'où son appellation.

A quelques pas de là, un escalier, à droite de la route principale, conduit au parvis de l’église Saidet el-Talle ou Notre-Dame de la Colline. Bâtie en 451 à l’emplacement d'un temple phénicien dédié à Astarté, cette église, enclavée dans le couvent des moines, détruite par le séisme de 859, fut reconstruite au XVIe siècle, agrandie et plusieurs fois restaurée. Dédiée à la Vierge miraculeuse, elle représente un des lieux de pèlerinage les plus populaires du Liban. Sa fête est célébrée le premier dimanche du mois d'août. Au-dessus de la porte primitive sud de l'église, se trouve un linteau orné d'une rosace surmontée d'un croissant et d'une croix. Ce croissant renversé enserrant une rosace, motif fréquemment retrouvé dans les fouilles puniques, est la preuve de l'existence d'un temple phénicien dédié à Astarté, d'où le nom donné à la ville, "Couvent de la Lune" qui est la traduction française de Deir el-Qamar.

Au sud-ouest de la vieille ville, prendre une ruelle pavée de galets pour arriver à Notre-Dame du Rosaire, bâtie au XVIIe siècle. Un passage voûté mène à l'église Saint Elie construite en 1741. Précédée d'un porche, cette petite église de rite grec catholique, a un plan basilical simple. Son iconostase, comme la façade frontale et l'entrée sont en pierre rose et blanche "bouzennar". Contre le mur d'enceinte de la cour, se trouve le tombeau de Nicolas el-Turq, le chantre de Béchir II.

 

Autour de Deir el-Qamar

Deux kilomètres à la sortie de Deir el-Qamar en direction de Beiteddine, le château Moussa du nom de son propriétaire est une étrange curiosité architecturale. L'intérieur de ce château fantaisiste a été aménagé en un musée de cire où sont évoquées des scènes de la vie traditionnelle et quotidienne de la montagne libanaise.

Ouvert tous les jours de 8h à 20h (18h en été). Tel : 05 500106 – 03 273750

www.moussacastle.com.lb

Entrée payante

Beiteddine

A quelques 850 mètres d'altitude, le palais de Beiteddine, construit par l'émir Béchir II Chéhab qui a gouverné le Mont-Liban durant près d'un demi-siècle, constitue l'exemple type de l'architecture libanaise du XIXe siècle. Sa construction s'est étendue sur plus de trente ans.

 

Comment y arriver ?

Après Deir el-Qamar et le château Moussa, la route principale se poursuit sur 6 km jusqu'à Beiteddine.

 

Histoire

Depuis le Moyen Age, les diverses régions du Liban sont constituées de fiefs gouvernés par des émirs ou des cheikhs héréditaires. Au début du XVIIe siècle, l'un d'entre eux, de la famille Maan, l'émir Fakhr ed-Dine II (mort en 1635), réussit à dominer les autres familles féodales et à étendre son pouvoir jusqu'à contrôler la presque totalité du territoire qui constitue le Liban actuel.

La première capitale de Fakhr ed-Dine est Baaqline. Mais cette localité souffre de problèmes chroniques d'approvisionnement en eau, aussi l'émir s’installe à Deir el-Qamar, mieux pourvue en sources.

Après l'extinction de la dynastie Maanide, vers la fin du XVIIe siècle, leur territoire passe aux mains de leurs parents et successeurs de la famille Chéhab. L'un d'eux, l'émir Béchir II Chéhab décide de quitter Deir el-Qamar pour se faire construire son propre palais à Beiteddine, la Maison de la Foi, un ermitage druze qui fait aujourd'hui partie du palais. Pour approvisionner en eau sa nouvelle résidence, l'émir a recours en 1812 à la corvée en obligeant ses sujets à fournir deux journées de travail gratuit par an. La canalisation est terminée en deux ans et nécessite 80 000 journées de travail.

Le palais demeure la résidence de l'émir et de son gouvernement jusqu'en 1840, date de son exil. Après que les Ottomans décrètent la suppression de l'émirat en 1842, le palais devient le siège des gouverneurs ottomans puis des Mutasarrifs du Mont-Liban, qui l'occupent de 1860 à 1915. Au lendemain de la Première Guerre Mondiale, certains services administratifs des autorités du Mandat français s’y installent.

Classé monument historique en 1934, le Palais est soumis à de vastes travaux de restauration destinés à lui rendre son ancienne splendeur. En 1943, il devient la résidence d'été du Président de la République Libanaise. Les cendres de l'émir Béchir mort à Istanbul en 1847 sont ramenées au palais sous la présidence de Bechara el-Khoury.

Beiteddine, avec ses palais, ses musées et ses magnifiques jardins, est de nos jours, l'un des sites touristiques les plus visités du Liban.

Ouvert tous les jours sauf le lundi de 9h à 18h (9h à 16h de novembre à mars). Tel : 05 500077

Entrée payante

 


 

Style et Architecture.

Les éléments décoratifs étaient empruntés à la tradition locale, le prince a fait venir des artisans de Syrie qui ont utilisé la technique de pâte de couleur. Les plafonds et les lambris sont d’inspiration et de technique damascène traditionnelle. Des influences rococo viennent s’y mêler.

 

Dar al-Barraniyyeh, "les appartements publics".

A l’entrée principale, remarquez deux lions similaires à ceux qui ornent le sérail Youssef Chehab à Deir el-Qamar. La porte monumentale donne accès à un long corridor voûté qui mène au Midâne, une cour rectangulaire de 107 x 45 mètres dans laquelle se rassemblaient les cavaliers, les courtisans et les visiteurs et où se déroulaient les grandes festivités. L'émir y partait solennellement pour la chasse ou la guerre. Au fond du hall d’entrée, le musée Kamal Joumblatt. Inauguré le 1er Mai 1991, cet espace regroupe des photographies, manuscrits et documents relatifs à l'histoire de l’ancien député, ancien ministre et leader druze né en 1917 et assassiné en 1977.

Le long coté du Midâne est occupé par la Madafa, un bâtiment réservé à l'origine aux hôtes du Palais. Son rez-de-chaussée servait d'écuries et son étage était occupé par des chambres qui s'ouvrent sous un portique sur le Midâne. Selon les règles de l'hospitalité libanaise, il était en effet d'usage d'y recevoir les voyageurs pour une durée de trois jours sans même les interroger sur leur identité ni le motif de leur visite.

Un escalier conduit à l'étage entièrement restauré en 1945 sur la base d'anciens documents et qui abrite aujourd'hui le Musée archéologique et ethnographique de Rachid Karamé, ancien Premier ministre du Liban à six reprises de 1955 à 1970. On y trouve une importante collection de poterie des Âges du Bronze et du Fer, des verres d'époque romaine, des bijoux en or, des sarcophages romains en plomb et des poteries émaillées islamiques. Une maquette du Palais qui permet au visiteur de se faire une idée d'ensemble des dimensions et de l'organisation du complexe palatial est exposée dans la première salle. Les autres pièces sont réservées à des objets de valeur ethnographique, tels que des costumes de l'époque féodale et une importante collection d'armes anciennes et modernes.

 

Dar al-Wousta, la partie centrale du Palais.

Un escalier monumental à deux volées permet d’accéder à l'extrémité ouest du Midâne, On quitte alors l'austérité de la cour extérieure et de ses bâtiments pour pénétrer dans un domaine où le charme de l'architecture et de la verdure ont donné à Beiteddine son surnom d'Alhambra du Liban.

À partir du portail d'entrée finement décoré, un corridor voûté donne à droite sur les appartements des Cheikhs de la famille Hamadé qui avaient la charge de la garde du Palais et à gauche sur les bureaux ministériels. Le vestibule mène ensuite à une élégante cour où les jets d'eau du bassin central accentuent la grâce des arcades qui en bordent les trois côtés. L'une de ces salles porte traditionnellement le nom du ministre de l'émir, Boutros Karamé. Le quatrième côté orienté au sud-ouest de la cour s'ouvre librement sur la vallée, selon une habitude chère à l'architecture libanaise traditionnelle.

Les salles qui entourent cette cour, dont deux angles sont occupés de balcons en boiseries appelés Moucharabiah comandaloune, sont richement décorées de mosaïques et de marqueteries de l'époque ainsi que de panneaux de calligraphie arabe. Des fontaines de marbre y sont ingénieusement disposées afin d'en assurer la fraîcheur en été, tandis que des brasiers étaient prêts à en assurer le chauffage en hiver. L'angle sud-est de la cour est occupé par le bureau du ministre de l'émir, alors que l'aile nord-est est occupée par Dar al-Kataba, les bureaux des scribes ou secrétaires, et donne sur une arrière-cour.

 

Dar el-Harim, les appartements privés.

Le coté nord-ouest de la cour est occupé par une façade avec une porte monumentale qui compte parmi les plus belles œuvres de l'architecture orientale. Derrière cette façade se développe l'aile appelée Dar el-Harim qui regroupe les appartements privés. Cette aile se compose de la façade décorée d’une marqueterie de pierres délicates, du harem supérieur, d'un hall de réception, du harem inférieur, des cuisines et des bains.

À gauche de la porte se trouve l'aile des réceptions constituée d'une antichambre appelée la salle à la colonne" en raison de la colonne centrale supportant la voûte et d’un hall de réception ou Salamlik, construit sur deux niveaux et comportant une décoration unique de sculptures, de mosaïques de marbres polychromes et de plaques ornées de maximes calligraphiées. L'émir se tenait au fond de cette salle, dans la partie surélevée ou diwan, et recevait les dignitaires du Palais ou les visiteurs de marque.

Dans cette partie du palais, une des chambres a accueilli Lamartine en 1833. On peut visiter également une autre salle importante qu'une inscription identifie comme "Mahkamat" ou tribunal.

Le corridor mène directement au harem inférieur qui comprend les appartements privés de l'émir et de sa famille. Ceux-ci sont disposés autour d'une cour à ciel ouvert, fermée sur ses quatre côtés, et sur laquelle s'ouvrent de grandes arcades déterminant des liwans où l'on s'asseyait pour profiter de la fraîcheur.

L'angle compris entre les deux harems est occupé par les cuisines où l'on préparait quotidiennement de quoi nourrir les 500 personnes qui constituaient le personnel du Palais.

Les balcons de cette aile offre une vue spectaculaire sur les environs du Palais et sur l'ensemble de la vallée aménagée en terrasses.

À l'extrémité nord de Dar al-Harim et des cuisines attenantes se trouvent les bains. Il s'agit d'un complexe monumental parmi les plus beaux du monde arabe. Suivant la tradition des thermes romains, ces bains comportaient une salle froide (frigidarium) qui servait de vestiaire et de salle de repos. Dans cette salle de réception, les personnes pouvaient tranquillement parler de politique, de littérature ou de faits divers. La salle tiède (tepidarium) était utilisée pour les massages et constituait l'intermédiaire nécessaire entre la salle froide et la salle chaude, autant dans le sens de l'entrée que dans celui de la sortie. Les bains s'achevaient enfin par la salle chaude (caldarium) avec ses annexes. Son dallage est porté par des piles de briques et de petites voûtes et ses parois sont traversées par des canalisations afin de permettre à l'air chaud d'y circuler.

Les bains donnent sur un jardin au fond duquel se trouve un mausolée surmonté d'une coupole qui abrite la tombe de Sitt Chams, la première épouse de l'émir. C'est d'ailleurs dans cette même tombe que furent placées les cendres de l'émir quand elles furent ramenées d'Istanbul en 1947.

 

Dar el-Wousta et Dar el-Harim sont construites au-dessus de belles salles voûtées qui servaient jadis de logements et d'écuries pour les 600 cavaliers et chevaux de l'émir et ses 500 fantassins. Restaurées et aménagées, ces grandes salles abritent aujourd'hui l'une des plus belles collections de mosaïques byzantines du Liban, dont la plupart proviennent d'églises découvertes durant la guerre sur le site de Jiyyeh, au sud de Beyrouth. Les inscriptions grecques qu'elles portent permettent de les dater des Ve et VIe siècles de notre ère. D'autres mosaïques de la même époque mais provenant d'autres sites, sont exposées dans les jardins alentours.

Juste à côté du Musée des mosaïques se trouve une "khalwah", grande salle de réunion des religieux druzes, qui existait bien avant la construction du Palais. Cette salle est aujourd'hui restaurée et ouverte au public.

 

Encore à Beiteddine Le Palais Amine

Un palais était construit à Beiteddine pour chacun des trois fils de l'émir Béchir, Qassim, Khalil et Amine. Celui de l'émir Qassim, dont il ne reste que peu de vestiges, est perché sur une colline faisant face au Grand Palais. Celui de l'émir Khalil abrite aujourd'hui le Sérail de Beiteddine, siège de l'administration locale. Quant au Palais de l'émir Amine, qui domine le complexe de Beiteddine, il a été restauré et converti en un hôtel de luxe.

À quelque distance du Palais de l'émir Amine se trouve la résidence d'été de l'archevêché maronite de Saïda. C'était à l'origine le "Maqsaf", ou la maison de campagne de l'émir Béchir. Il conserve encore un certain nombre de ses structures originales, y compris une belle porte dont le toit évoque celui d'un kiosque chinois.

Baakline

A 4 km environ au sud-est de Beiteddine, Baakline a été la première capitale des émirs de la famille Maan qui vinrent s'y installer vers 1120. Ce village conserve quelques belles demeures anciennes. Le grand sérail autrefois siège de l’autorité administrative du Mont Liban jusqu’à la Seconde guerre mondiale fut transformé en bibliothèque municipale et en centre culturel. L’édifice fut construit dans le style néo-classique influencé par l’architecture européenne du XIXe siècle. Au milieu du village, le palais de Cheikh Hussein Hamadé a été construit par étapes successives à partir de 1591. Les principales activités artisanales sont la broderie et le tissage des tapis suivant des modèles proches des tapis persans. 

Moukhtara

Au sud-est de Beiteddine à 850 m d’altitude, Moukhtara fut, dès le XVIIe siècle, le fief des Joumblatt. Cette importante localité historique du Chouf a préservé un bon nombre de demeures de style traditionnel, dont la plus prestigieuse est la résidence du dirigeant druze Walid Joumblat, une demeure seigneuriale du milieu du XIXe siècle. Ce palais qui combine des influences orientales et italiennes avait été construit par Cheikh Bachir joumblatt sur une structure plus ancienne du XVIIe siècle, puis détruite en 1825 au cours des luttes qui ont opposé les cheikhs druzes à Béchir II. L’état actuel du palais remonte au milieu du XIXe siècle.

Baadaran

A une distance de 59 km de Beyrouth, et à une altitude de 1100 m se situe Baadaran, un bel exemple de village Libanais. Ses monuments typiques de l’époque féodale témoignent d’un passé prestigieux: en effet, là  se trouvent le palais de Ali Pacha Joumblatt - allié de Fakhreddin II, gouverneur du Chouf de 1712 à 1778 - et d’autres riches résidences encore habitées de nos jours.

Son climat tempéré et sain en été et au printemps, lui attire vacanciers et touristes.

L'automne et l’hiver sont pluvieux avec des moyennes de 1000mm par an. Il neige fréquemment avec des cumuls atteignant parfois 1mètre.

Baadaran se trouve dans un environnement naturel privilégié: forêts de chênes et de pins, vignobles à perte de vue, arbres fruitiers, en plus de ses multiples plantes à l’odeur suave. Trois forêts favorables au camping, aux randonnées pédestres et à l’observation des animaux et des oiseaux, sont riches d’une vingtaine d’essences variées: Al-Dabché, la  Pinède et Aïn-el Sayfiié.

Plusieurs fontaines ravitaillent le village en eau potable: Aïn-Mrah, Aïn-el-Kabou et la plus ancienne -Ain-el-Sayfiie- située au bas de la forêt du même nom. A l’entrée du village, un roc à l’inclinaison bizarre -Abou Mankoud- souhaite la bienvenue aux visiteurs  et un espace rocheux Al-­Kawayer exposé aux vents et aux pluies, offre une image impressionnante de l’effet de l’érosion sur la pierre.

Etymologie: Baadaran est un terme syriaque qui signifie "escale" ou "halte". Effectivement, ce lieu était l’escale idéale pour les voyageurs se déplaçant du nord du Sinaï et de la Palestine vers le Mont-Liban et Damas.

 

L’Héritage Culturel et Historique

- Le Palais des Joumblatt: Certains historiens relatent qu’il fut bâti sur les ruines d’une citadelle romaine. Cheikh Ali Joumblatt, gouverneur du Chouf de 1712 à 1778, construisit l’actuel Palais.

- Le Portail du Palais Taj-Eddine: Témoin du prestige qu’a connu autrefois la famille Taj-Eddine. Le palais fut construit en 1676 par Cheikh Rabah Ibn Taj­Eddine et le portail récemment restauré par la Direction Générale des Antiquités.

- Khalwat El-Kataleb et l’Eglise: témoins d’une coexistence Druzo-Chrétienne, culturelle et religieuse.

- Les Vieux cimetières : dont celui des Joumblatt. Les anciens sarcophages.

- Les mines de Khrayeb: région faisant face à Baadaran.

- Les vieux pressoirs à huile et à vin.

 

L’Artisanat et autres activités :

Baadaran préserve certains vieux métiers qui ont fait sa renommée : le tissage sur « nol », la taille des pierres, les conserves alimentaires, les travaux manuels, la fabrication des plats en paille.

Le village est également réputé pour la confection des abayas, larges manteaux traditionnels sans manches brodés de fils d’or.

Des kermesses, foire et festivals sont organisées annuellement pour promouvoir l’artisanat ; ainsi que des compétitions sportives, et des activités de scoutisme.

Les amateurs de parapente peuvent s’exercer au-­dessus de Ras-al-Mankoud qui surplombe Amatour: et un superbe terrain de 25000m2, au bord duquel se trouve un important rassemblement d’oiseaux et d’animaux, notamment des perdrix et des gazelles, (protégés par le Conseil National de la Chasse), est, tout particulièrement réservé aux inconditionnels du cerf-volant.

Barouk

Situé au pied de la montagne du même nom et couverte d'une magnifique forêt de cèdres, Barouk est un agréable lieu de villégiature situé à 1170 mètres d'altitude où abondent sources, cascades et restaurants.

La forêt de cèdres est une réserve naturelle de 15 600 ha et reste l’une des mieux entretenues et protégées du pays.

La Réserve Naturelle des Cèdres du Chouf

C’est la plus grande réserve naturelle du Liban (15.600ha). Certains de ses arbres ont plus de deux mille ans d’âge. Elle abrite des animaux de taille moyenne tels les loups, les renards .., une grande variété d’oiseaux et des plantes sauvages. C’est la destination idéale pour les amateurs d’alpinisme, de jogging et de marche, et pour ceux qui aiment les animaux.

A partir du sommet de la montagne -1940m- le visiteur a une vue panoramique sur le village du Barouk et sur le lac Karaoun; à l’est sur la plaine de la Bekaa et à l’ouest sur la Méditerranée.

Pou plus d'information, visitez la section des Réserves Naturelles. 

Maasser el-Chouf

Ce village se trouve à la lisière d’une forêt de cèdres. A 6 km de Maasser el-Chouf, le site fait partie d’une réserve naturelle (entrée payante). A partir du sommet de la montagne qui domine le village et qui s'élève à 1940 mètres d'altitude, la vue est splendide sur la Béqaa, le Litani et le barrage de Qaraoun. La réserve abrite des animaux tels que des loups et des renards, une grande variété d’oiseaux, de reptiles et de plantes sauvages. Le site est idéal pour les amateurs de randonnées.

Cette région est réputée pour son arak, boisson locale à base d’alcool de raisin parfumé à l’anis.

Niha

Sur la route reliant Beiteddine à Jezzine, se trouve au village de Niha, la Cave de Tyron que les chroniqueurs arabes désignent sous le nom de Shaqif Tyron, est connue par les locaux sous le nom de Qal’at Niha et Tyrun Niha. A 7 km au nord de Jezzine, cette grotte forteresse est creusée à 1 100 m d’altitude dans une falaise abrupte, et à 300 m de la route, dominant le confluent du Nahr el-Barouk et du Wadi Jezzine formant le Nahr el-Awali qui se jette dans la mer au nord de Saida. Le site étant isolé et à flanc de colline, l’accès n’y est pas facile. La cave de Tyron défendait l’entrée de la Seigneurie la Sagette (Saida). Il s’agit d’une grotte forteresse, semblable à celle d’al-Habis’ à Tibériade. Composées de plusieurs étages avec plusieurs chambres, ces grottes étaient vastes, alimentées en eau par une source, et munies d’impressionnantes citernes taillées à même la roche. De grands silos renfermaient d’abondantes provisions de vivres. D’après la légende, c’est dans cette grotte que l’Emir Fakhreddine II se serait réfugié en 1633 ou 1635 pour échapper aux Ottomans. Ces derniers menés par le Pacha Ahmad Kichk voulaient le capturer afin d’étouffer la révolte qu’il avait lancé pour la réunification et l’indépendance de la montagne libanaise. Après un siège de plusieurs jours, Fakhreddine se livra aux mains des Turcs qui l’exilèrent à Constantinople avant de l’exécuter avec ses trois fils. En fait, il s’agirait du refuge, en 1584, du père de Fakhreddine, l’émir Korkmaz. Toutefois, un doute plane. On n’est pas si sûr, que cela soit ici ou dans la cave de Jezzine que l’émir Fakhreddine II s’était réfugié. 

Chhim

Entre Beiteddine et le littoral, se trouve un petit temple de style corinthien daté du milieu du IIe siècle ap. J.-C. Des représentations figurées sont visibles sur le mur de la cella. Deux reliefs sont présents autour de la porte monumentale. Le linteau de la porte est décoré d’une frise et d’un disque solaire ailé.

Autour du temple, se trouvent les ruines d’une basilique, d’habitations et des pressoirs à huile d’époque byzantine.

Username
Password
Forget Password ?