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Hasbaya, capitale de Wadi Taym - une vallée longue et fertile qui s’étend tout le long du versant ouest du Mont Hermon - est une ville historique attrayante. Une grande partie de l’histoire du Liban se déroula dans l’enceinte de sa citadelle.

 

Deux accès sont possibles. La visite de la région d’Hasbaya peut se faire à partir de la Beqaa à la suite de votre passage à Rachaya. Il est également possible de rejoindre Hasbaya à partir de Marjeyoun.

 

Propriété des Emirs Chéhab, la citadelle est un ensemble de bâtiments entourant une place centrale non pavée de 150 mètres de long et de 100 mètres de large. Plusieurs autres demeures médiévales et une mosquée complètent cet ensemble qui couvre près de 20 000 m2.

 

Site imprégné de mystère, la citadelle est si ancienne que les historiens en ignorent la véritable origine. Le monument remonterait à l’époque des Croisés mais il pourrait être d’une période plus ancienne : un bâtiment romain ou une fortification arabe. Prise aux Croisés par les Chéhab en 1170, la forteresse fut rebâtie par ses nouveaux occupants. Incendiée à plusieurs reprises lors des batailles au cours des siècles, elle fut souvent la scène de sanglants conflits. Elle fut également bombardée lors de l’occupation israélienne du Liban-Sud (1978-2000).

 

Il est surprenant de noter que durant presque huit siècles, depuis sa conquête, la citadelle a été habitée par les Chéhab. De nos jours encore, sa propriété est partagée entre cinquante membres de la famille dont certains y résident en permanence.

Il y eut plusieurs tentatives pour réparer le vieux château détérioré au cours des siècles. Malheureusement, la guerre libanaise et l’occupation israélienne ont empêché toute  tentative sérieuse de restauration. Aujourd’hui, la citadelle fait l’objet d’une campagne nationale en vue de sa restauration et sa préservation. Bien que propriété privée, la citadelle est classée comme un site historique par la Direction Générale des Antiquités.

La citadelle comprend six étages dont trois souterrains. Souvent endommagée et reconstruite, sa structure tentaculaire se présente comme un mélange de styles et de techniques architecturales.

 

La tour située à l’angle sud-ouest et le mur du côté est, tous deux visibles à partir du troisième étage, sont d’époque croisée. D’autres éléments médiévaux subsistent encore tels que les meurtrières et des mâchicoulis destinés au lancement de projectiles et de matières incendiaires sur l’assaillant. Bien que fortifié, ce château possède d’élégants éléments architecturaux dont de multiples arcades et des colonnes élancées.

De larges marches conduisent à l’entrée principale dont la porte d’origine croisée tourne encore aisément sur ses gonds vieux de 800 ans. Large de quatre mètres et d’une hauteur de trois mètres, le passage voûté permettait aux cavaliers d’entrer, sur leur monture, dans la citadelle. Des lions – blason des Chéhab – décorent les parois du portail : deux grands lions enchaînés faisant face à un petit lapin en liberté. D’autres lions, plus petits, sont visibles dans l’arc de l’entrée au-dessus d’un texte en arabe commémorant le rajout, par l’Emir Ali Chéhab en l’an 1009 de l’Hégire, vers 1600 de notre ère, d’une aile au château.

 

Une fois passé le portail, le visiteur aboutit à une immense cour pavée entourée de murs d’un mètre et demi d’épaisseur. En plus de ses élégantes fenêtres, ses vieux balcons et escaliers, la cour possède quatre points d’attraction: une vue – restreinte – sur les donjons, deux énormes arcades et une aile habitée jadis par le pacha d’Egypte.

Le seul endroit où le donjon est visible est à droite de l’entrée principale. A travers une brèche dans la muraille, il est possible de voir, plus bas, la chambre qu’occupait le seigneur de la citadelle. Le cas échéant, il pouvait s’enfuir par deux tunnels spéciaux : l’un menant vers le fleuve Abou Djaj au nord de la citadelle, et l’autre vers la mosquée.

Fermés de nos jours, les trois étages souterrains gardent leurs secrets. Les Croisés y enterraient leurs morts et les prisonniers y étaient enfermés dans des cachots.

Les étages inférieurs servaient à emmagasiner l’eau et les provisions. Ils servaient aussi d’abri aux animaux.

 

Au fond de la cour, le visiteur aperçoit une large embrasure à arcades dans un mur en pierres noires et blanches : c’est l’entrée du “Diwan” (ou salon) de Sitt Chams, épouse de l’Emir Béchir Chehab II, gouverneur du Liban entre 1788 et 1840.

A gauche du «Diwan » se trouve l’aile qu’occupait Ibrahim Pacha d’Egypte durant sa campagne contre les Ottomans en 1838.

Une autre entrée plus haute, dans un mur en pierres jaunes et blanches menait, jadis, à une église croisée, détruite depuis.

Les chambres, entourant la cour inférieure, avec ce qui était autrefois les étables, sont à présent utilisées comme dépôt.

 

Des escaliers mènent au deuxième étage ainsi qu’à une cour au centre de laquelle se trouve une petite pièce d’eau carrelée. Une splendide chambre aux murs peints et décorés de fines sculptures se trouve à cet étage. Bien qu’effacées par l’érosion du temps, la fleur de lys et l’étoile des Bourbon qui régnaient en France à l’époque des croisades est encore visible. Cet étage, ainsi que le troisième, comprennent les appartements des Chéhab qui habitent encore la citadelle.

 

Ajouté au XIXe siècle, le troisième étage a, lui aussi, une cour et une fontaine. Des sculptures en nid d’abeilles ou “Mukarnas” typiques des époques Mamelouke et Ottomane ornent le haut de l’entrée et surplombent un linteau sur lequel est gravé un texte en arabe à la gloire des initiatives architecturales entreprises par l’Emir Mohamed.

Un des murs est revêtu d’élégantes pierres taillées, dont certaines ont été prises des étages inférieurs. Deux des colonnes en marbre d’Italie sont creusées pour détecter – dit-on – l’approche de la cavalerie ennemie.

Un escalier étroit et exposé aux vents permet d’accéder à la tour croisée. C’est un endroit exceptionnel pour avoir une vue globale de la ville entourant la citadelle, ainsi que des bâtiments médiévaux, dont la mosquée qui date du XIIe siècle. Son minaret de forme hexagonale est incrusté de pierres de couleur. Une annexe moderne a été construite près de la vieille mosquée.

Les Emirs/Princes Chéhab

Les Chéhab dont la lignée remonte à la tribu du prophète Mohamed, Qoraïche, furent promus Emirs (ou princes) par le premier calife Abou Bakr Al Siddik en l’an 636 AD. Depuis, leurs terres et titre sont légués de père en fils.

Leur ancêtre Malik du clan Makhzoum a participé à la bataille de Yarmouk, qui livra la Syrie aux arabes. Les Chéhab participèrent à toutes les batailles pour la prise de Damas dont l’issue fut la victoire sur l’empire Byzantin en 633 AD.

Ils s’installèrent alors dans la région du Hauran, en Syrie, durant 600 ans, jusqu’en 1170, quand ils se mirent en route vers Wadi Taym pour combattre les Croisés à Rachaya.

Leur armée conduite par l’émir Mounkez Chéhab remporta la victoire. Les Croisés, chassés de Rachaya, se replièrent sur leur citadelle de Hasbaya où ils furent assiégés et harcelés par des attaques incessantes. En l’espace de dix jours, les Chéhab forcèrent la forteresse suite à une ultime bataille qui marqua l’entrée de la famille Chéhab au Liban et à Wadi Taym.

Les vainqueurs restaurèrent et rebâtirent la citadelle croisée conformément à leurs besoins, et durant 700 ans, en firent le siège de leur gouvernement. Ils conclurent des alliances politiques et militaires avec les princes Druzes Maan qui gouvernaient le Mont-Liban. Cette longue et fidèle alliance posa les fondations de la nation Libanaise unie et indépendante.

Les Chéhab et l’armée du prince Fakhreddin Al-Maani battirent, côte à côte, en 1623, à Aanjar, les Ottomans et leurs alliés du parti Yamani. Dix ans plus tard, les Ottomans exilèrent les Chéhab à Alep où ils demeurèrent six ans. En 1697, en plus de Wadi Taym ils devinrent les gouverneurs du Mont-Liban après la mort du dernier des Maan, Ahmed, auquel ils succédèrent.

Les Chéhab restèrent au pouvoir 150 ans jusqu’à l’abolition de la monarchie en 1841. Béchir Chéhab II, venu au pouvoir en 1788 est considéré comme le plus grand des gouverneurs de cette famille. Il bâtit le palais de Beit-Eddine.

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